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Berlin : Tebboune refuse d'évoquer une grâce de Christophe Gleizes

  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture

Interrogé jeudi sur les appels à la grâce du journaliste français, le président algérien a refusé de se prononcer... hors du territoire national.


La question a fusé en français, au milieu d'une conférence de presse consacrée au gaz et à l'hydrogène. Jeudi 16 juillet à la Chancellerie fédérale de Berlin, aux côtés de Friedrich Merz, Abdelmadjid Tebboune a été interrogé sur les appels à la grâce en faveur de Christophe Gleizes, le journaliste sportif français détenu en Algérie. Sa réponse a tenu en deux phrases. « Par respect pour la justice algérienne, je ne répondrai à cette question qu'en Algérie. Je ne suis pas en Algérie, je ne répondrai pas », a tranché, visiblement agacé, le président algérien, coupant court alors que la question lui était reposée une seconde fois.


Le refus n'est pas une surprise. Il est même devenu la position officielle d'Alger sur ce dossier, ne rien concéder sous pression étrangère, encore moins depuis une capitale européenne. Mais il intervient à un moment où, sur le plan juridique, plus rien ne s'oppose à une mesure de clémence.


Collaborateur des magazines So Foot et Society, Christophe Gleizes, 37 ans, avait été arrêté le 28 mai 2024 à Tizi Ouzou, où il préparait un reportage sur la Jeunesse Sportive de Kabylie. La justice algérienne lui reproche ses contacts avec un dirigeant du club, par ailleurs responsable du Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK), classé organisation terroriste par Alger en 2021. Condamné le 29 juin 2025 à sept ans de prison ferme pour « apologie du terrorisme » et « possession de publications dans un but de propagande nuisant à l'intérêt national », il a vu sa peine confirmée en appel le 3 décembre à Tizi Ouzou, malgré un réquisitoire que sa défense avait jugé hors de proportion avec « un dossier aussi vide ».


Début mai, le journaliste a renoncé à son pourvoi en cassation. Le geste n'avait qu'un objet, lever le dernier verrou procédural à une grâce présidentielle, qui ne peut intervenir en droit algérien que sur une condamnation définitive. L’arrêt de la Cour suprême du 25 mai a acté ce désistement et rejeté le pourvoi du parquet général. « La condamnation revêt désormais l'autorité de la chose jugée », ont constaté ses avocats, pour qui leur client se trouve depuis cette date « pleinement graciable ». Transféré en janvier de Tizi Ouzou vers la prison de Koléa, près d'Alger, Gleizes attend. Sa mère, Sylvie Godard, a adressé dès décembre une demande de grâce à la présidence algérienne.


Le calendrier donne à la scène de Berlin son relief. Le dossier Gleizes est au cœur du dégel engagé entre Paris et Alger après deux ans de crise. Lors du retour de l'ambassadeur Stéphane Romatet à Alger, le 8 mai, l'Élysée avait précisé que le diplomate travaillerait avec « une attention prioritaire » au retour du journaliste en France. Romatet lui-même estimait fin mai que les tensions publiques compliquaient les discussions et que la reprise du dialogue pouvait favoriser un dénouement.


Khaled ROUABAH



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