Biens détournés : Tebboune dénonce le blocage français et salue la coopération suisse
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Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a dénoncé l’absence de coopération de la France dans les procédures visant à récupérer les biens « détournés » par des responsables de l’ère Bouteflika. Dimanche 5 avril, il a affirmé qu’aucune des 61 missions rogatoires adressées à Paris n’avait reçu de réponse favorable. À l’inverse, il a salué la Suisse, qui a répondu à 20 des 33 demandes algériennes, permettant de régler quatre dossiers et de rapatrier 110 millions de dollars.
Parmi les affaires révélées, celle de Saïd Bouteflika illustre l’efficacité de la coopération helvétique. Les autorités suisses ont confirmé l’existence d’un compte bancaire doté de 30 millions de dollars au nom de l’ancien conseiller présidentiel, aujourd’hui incarcéré à Koléa pour détournement de biens publics, abus d’autorité et mauvaise utilisation de l’autorité.
Abdelmadjid Tebboune avait également annoncé la récupération d’un hôtel à Barcelone appartenant à l’homme d’affaires Ali Haddad. Mais plusieurs sources ont nuancé cette déclaration : si l’Algérie a effectivement racheté les dettes de l’établissement, devenant ainsi propriétaire, aucun bien n’a été rapatrié. La décision provient d’un tribunal de commerce espagnol, sans intervention directe de l’État, ce qui relativise la portée politique de cette opération.
Le dossier français demeure le plus sensible. Alger a transmis des dizaines de missions rogatoires pour récupérer des biens et tenter d’appréhender plusieurs personnalités de l’ancien régime installées en France. Selon des sources concordantes, le blocage serait partagé : certains magistrats français freineraient l’avancée des dossiers ou coopéreraient peu, tandis que la justice française réclamerait parfois des compléments d’information auxquels Alger ne répond pas. Cette situation s’inscrit dans un climat diplomatique déjà tendu entre les deux pays.
Tebboune affirme par ailleurs que l’Algérie a récupéré 30 milliards de dollars d’avoirs appartenant à « la issaba », terme désignant les oligarques proches du régime Bouteflika. Ce chiffre est toutefois contesté par des sources indépendantes et des opposants, qui soulignent l’absence de transparence et l’impossibilité de vérifier ces montants, aucun inventaire détaillé n’ayant été rendu public.
Essaïd Wakli