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Budget 2027 : le gouvernement face au défi du pouvoir d’achat et de la maîtrise des dépenses

il y a 1 heure
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Le projet de loi de finances pour 2027 place le gouvernement algérien face à un exercice délicat : maintenir les engagements sociaux de l’État tout en contenant les dépenses publiques et en recherchant de nouvelles ressources financières. Présenté devant l’Assemblée populaire nationale (APN) par le ministre des Finances, Mohamed Lamine Lebbou, le texte fait actuellement l’objet de débats parlementaires qui mettent en lumière plusieurs interrogations sur les priorités économiques du pays.


Au-delà des mesures annoncées en faveur du pouvoir d’achat et de l’investissement, les discussions révèlent les difficultés auxquelles les pouvoirs publics doivent répondre : financement des politiques sociales, efficacité de la dépense publique, réduction des disparités territoriales et diversification des recettes budgétaires dans une économie encore fortement dépendante des hydrocarbures.


Pour 2027, le gouvernement table sur une croissance économique de 4,2 %. Les recettes budgétaires sont estimées à plus de 9 251 milliards de dinars, tandis que les dépenses devraient atteindre près de 17 883 milliards de dinars en crédits de paiement. Ces prévisions donnent la mesure de l’ampleur des engagements financiers de l’État et de l’enjeu que représente leur financement dans un contexte où la mobilisation des ressources hors hydrocarbures demeure une priorité affichée.


Le maintien du caractère social de l’État constitue l’un des principaux axes du projet. Les autorités entendent poursuivre les mesures de soutien aux produits de première nécessité, préserver les transferts sociaux et accompagner les augmentations salariales. Des enveloppes importantes sont également consacrées aux secteurs de l’éducation, de la santé, de l’enseignement supérieur, de la formation, de l’emploi et du logement. Le financement d’une nouvelle tranche de 350 000 logements dans le cadre du programme AADL 3 figure notamment parmi les dispositions annoncées.


Mais derrière ces engagements, la question de l’efficacité des dépenses publiques s’impose dans les débats. Plusieurs députés ont insisté sur la nécessité de mieux orienter les subventions vers les catégories qui en ont réellement besoin, tout en évitant les dispositifs qui profiteraient indistinctement à l’ensemble des consommateurs. La recherche de ressources financières alternatives, l’élargissement de l’assiette fiscale et la lutte contre la fraude figurent également parmi les pistes évoquées pour réduire la pression sur les finances publiques sans multiplier les prélèvements sur les ménages.


La question des prix des carburants a, de son côté, particulièrement retenu l’attention des parlementaires. L’article 218 du projet de loi ouvre la possibilité d’une révision des tarifs par les autorités compétentes. Une disposition qui suscite des interrogations dans un pays où les prix de l’énergie restent étroitement liés au pouvoir d’achat des ménages et aux coûts de transport. Face à cette perspective, la commission des finances et du budget de l’APN propose de soumettre toute modification des prix des carburants à l’approbation préalable du Parlement. Il s’agit, selon la commission, de renforcer le contrôle sur une décision susceptible d’avoir des répercussions directes sur le quotidien des citoyens. Cette proposition reste toutefois soumise à l’examen et à l’adoption du texte.


Les préoccupations exprimées par les députés dépassent cependant le seul cadre des équilibres financiers. Le développement local, notamment dans les zones montagneuses, a également occupé une place importante dans les interventions. Certains élus ont dénoncé le retard pris dans la mise en place du Fonds national et du Conseil national des zones montagneuses, deux structures destinées à accompagner le développement de ces territoires. Les difficultés d’accès aux infrastructures, aux réseaux d’eau et d’électricité, ainsi qu’aux services de santé et de transport, illustrent les écarts qui persistent entre les différentes régions du pays.


D’autres interventions ont porté sur les retards dans la réalisation des projets publics et le règlement des créances dues aux entreprises, particulièrement aux petites et moyennes entreprises. Pour ces dernières, les délais de paiement peuvent fragiliser la trésorerie, compromettre l’activité et peser sur l’emploi. Les parlementaires ont également appelé à accélérer l’achèvement des zones d’activité industrielles et agricoles, estimant que les investissements publics doivent se traduire par des réalisations concrètes et des retombées économiques mesurables.


La question de la diversification économique reste, elle aussi, au centre des orientations gouvernementales. Le soutien à l’investissement productif, la simplification des procédures administratives et l’amélioration du climat des affaires sont présentés comme des leviers destinés à développer les activités hors hydrocarbures. L’élargissement de la fiscalité ordinaire et l’amélioration du recouvrement des recettes doivent parallèlement permettre de réduire la dépendance du budget aux revenus pétroliers et gaziers.


La commission des finances et du budget de l’APN a, pour sa part, proposé 26 amendements au projet de loi, dont 15 portant sur le contenu d’articles existants et six visant à introduire de nouvelles dispositions. Ces propositions témoignent des ajustements que les parlementaires souhaitent apporter au texte, notamment sur le contrôle des éventuelles modifications des prix des carburants.


Les débats doivent se poursuivre avec les interventions des présidents des groupes parlementaires et la réponse du représentant du gouvernement aux préoccupations soulevées. Le vote du projet de loi de finances 2027 est prévu le 16 novembre prochain à l’Assemblée populaire nationale.


Au-delà de son adoption, le véritable enjeu résidera dans la capacité des autorités à transformer les ambitions budgétaires en résultats tangibles. Entre préservation des acquis sociaux, maîtrise des dépenses, soutien à l’investissement et réduction des inégalités territoriales, le budget 2027 devra apporter des réponses à des attentes qui dépassent largement les équilibres comptables. Pour les citoyens, l’essentiel ne se mesurera pas uniquement aux montants annoncés, mais à leur traduction concrète sur le pouvoir d’achat, la qualité des services publics et les perspectives économiques du pays.


Yacine M

 
 
 

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