top of page

Tourisme, langues et repositionnement international : l’anglais gagne du terrain en Algérie

il y a 55 minutes
3 min de lecture

L’essor de l’anglais dans le secteur touristique algérien constitue l’une des manifestations les plus visibles d’une évolution linguistique plus large qui traverse le pays depuis plusieurs années. Plusieurs directions du tourisme ont récemment lancé des formations en anglais destinées aux guides touristiques agréés, notamment à Annaba, Constantine, Oran et Béjaïa, dans le but d'améliorer l'accueil des visiteurs étrangers et de renforcer l'attractivité de la destination Algérie. Cette démarche s'inscrit dans une stratégie visant à adapter les services touristiques à une clientèle internationale de plus en plus diversifiée.


Cette orientation se traduit également par l'offre proposée sur le marché. Plusieurs plateformes internationales spécialisées dans le tourisme recensent des guides algériens assurant des visites en anglais à Alger, Oran, Ghardaïa et dans les régions sahariennes. La plateforme GoWithGuide met ainsi en avant des guides capables d'accompagner directement des visiteurs anglophones à travers différentes destinations du pays.  De son côté, PG.WORLD recense de nombreux guides locaux indiquant l’anglais parmi leurs langues de travail, souvent aux côtés de l’arabe et du français.  L’agence Algeria Compass affirme quant à elle proposer des circuits accompagnés par des guides anglophones dédiés afin d'assurer un suivi direct des visiteurs sans passer par une traduction intermédiaire.


Au-delà du tourisme, cette progression de l'anglais alimente un débat plus large sur la place du français en Algérie. Pour certains observateurs, le développement de l'anglais correspond à une adaptation aux réalités contemporaines de la mondialisation, des échanges économiques et de la circulation internationale du savoir. Dans cette lecture, l'anglais apparaît comme un outil d'ouverture vers des marchés et des espaces académiques dépassant le cadre historiquement francophone.


Toutefois, les faits observables invitent à nuancer l'idée d'une disparition ou d'une « suppression » du français. Les données issues des plateformes spécialisées montrent au contraire que la majorité des guides touristiques algériens mettent en avant des compétences multilingues associant généralement arabe, français et anglais.  L'émergence de l'anglais ne se traduit donc pas nécessairement par l'effacement du français, mais plutôt par une redistribution des rôles linguistiques selon les secteurs d'activité et les besoins professionnels.


Le secteur touristique illustre particulièrement cette logique. La recherche de nouveaux visiteurs étrangers conduit les opérateurs à élargir leurs capacités de communication. Dans ce contexte, la maîtrise de l'anglais devient un avantage concurrentiel, mais le français conserve son utilité auprès d'une partie importante des voyageurs, notamment ceux provenant de l'espace francophone. Les plateformes touristiques consultées témoignent davantage d'une diversification linguistique que d'un remplacement pur et simple d'une langue par une autre.


La politique de formation engagée par les autorités dans le domaine du tourisme révèle ainsi un mouvement plus général de repositionnement. L'Algérie cherche à renforcer sa visibilité auprès de publics internationaux plus variés et à adapter son offre aux standards de communication les plus répandus dans le monde. Selon L’Algérie met ses guides touristiques à l’anglais pour séduire les visiteurs étrangers, l'amélioration des compétences linguistiques est désormais considérée comme un élément central de la qualité de l'accueil touristique, au même titre que les infrastructures ou les capacités d'hébergement.


Plutôt qu'une disparition du français, les éléments vérifiables disponibles décrivent donc une transformation progressive du paysage linguistique. L'anglais gagne du terrain dans des domaines stratégiques liés à l'internationalisation de l'économie et du tourisme, tandis que le français demeure présent dans de nombreux usages professionnels et sociaux. Cette évolution semble moins relever d'une logique de substitution que d'une volonté de diversification linguistique destinée à accompagner l'ouverture de l'Algérie vers de nouveaux espaces de coopération et d'échanges.


Yacine M


 
 
 

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page