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Colère à Tinzaouatine après la mort de sept orpailleurs

il y a 2 minutes
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Depuis quelques jours, la ville de Tinzaouatine, dans l’extrême Sud de l’Algérie, bouillonne. La population est en colère contre les autorités algériennes qui auraient tué, le 27 octobre dernier, sept orpailleurs membres d’une communauté locale lors d’un raid aérien. Pour exprimer leurs courroux, ils ont organisé des rassemblements devant le tribunal de la ville. Ce sont les femmes qui se sont chargées de porter les revendications pour éviter des arrestations parmi les hommes qui risquent d’être accusés d'« attroupement illicite ». Visage cachée sous des voiles noires, elles ont brandi des banderoles sur lesquelles on peut lire : « Non à la mort de nos enfants », ou encore «oui à l’application de la loi, mais pas à la mort de nos jeunes » ou « la force de l’Etat se construit avec le droit et non avec la mort ».


Dans une allocution prononcée par une femme au nom des manifestantes, les habitants disent ne pas « s’opposer à l’application de la loi ». « Nous sommes les enfants de cette patrie et de cette terre. Ne nous tuez pas au nom de la loi ! Vous nous avez vous-mêmes enseigné le droit, et aucun texte ne prévoit que la transgression de la loi doit être punie par des bombardements et la mort », ont-ils déclaré. Les proches estiment en effet que « ce que les jeunes ont fait est illégal. Mais c’est la misère qui les a poussés à cela ». Tous réclament la justice pour les jeunes victimes. Une autre manifestation a été signalée dans la ville de Tamanrasset, plus au Nord.


Les autorités n’ont pas réagi officiellement. Mais des sources concordantes indiquent que l’armée algérienne a ciblé des orpailleurs venus de l’autre côté de la frontière, donc du Mali. Le problème est qu’il s’agit souvent des mêmes familles qui comptent des membres dans les deux pays. Dans ce cas, il est quasiment impossible de distinguer les Algériens des autres, même si tout le monde est d’accord que l’utilisation indiscriminée de la force doit être bannie.


Dans le cadre de la lutte contre tous genres de trafics dans ses régions frontalière du Sud, l’Algérie a entrepris des actions contre des orpailleurs et autres trafiquants, dont la connexion est avérée avec des groupes armés qui écument le Sahel ces dernières années. En faisant cela, l’armée algérienne entend assécher les sources de financements à ces groupes, dit-on à Alger.



Essaïd Wakli

 

 
 
 

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