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Condamnation de Fethi Ghares : un verdict lourd, un signal politique clair

  • 21 juil.
  • 2 min de lecture

La cour d’Alger a condamné, mardi, Fethi Ghares, secrétaire général du Mouvement démocratique et social (MDS), à deux ans de prison ferme et 300 000 dinars d’amende pour des écrits publiés sur les réseaux sociaux. Le MDS, héritier du parti communiste algérien, est gelé depuis 2023 par décision administrative. Son premier responsable reste pourtant l’une des voix les plus constantes de la gauche laïque algérienne, critique du pouvoir et du président Abdelmadjid Tebboune.


La condamnation en appel de Fethi Ghares, secrétaire général du MDS, à deux ans de prison ferme et 300 000 dinars d’amende pour des écrits publiés sur les réseaux sociaux, marque un nouvel épisode dans la relation tendue entre l’opposition politique et les autorités algériennes. Le verdict, prononcé par la cour d’Alger, intervient dans un contexte où les lois sur “l’outrage à corps constitué” et la “diffusion de fausses informations” sont devenues des instruments centraux de régulation du débat public. Les faits reprochés à Ghares relèvent de critiques adressées au président Abdelmadjid Tebboune, un terrain désormais particulièrement sensible dans le paysage politique actuel.


Ce jugement ne peut être dissocié du timing : il survient cinq jours après la déclaration du chef de l’État à Berlin, où celui-ci a évoqué la stabilité interne du pays. Cette proximité temporelle donne à la décision judiciaire une dimension politique évidente. Depuis plusieurs années, les autorités algériennes ont pris l’habitude de synchroniser les signaux de fermeté avec des moments diplomatiques importants, comme pour montrer que le discours tenu à l’étranger — celui d’un État solide, maîtrisant son espace politique — se traduit immédiatement dans la gestion intérieure. La condamnation de Ghares s’inscrit dans cette logique : elle apparaît comme un geste de cohérence entre communication internationale et contrôle national.


Le cas de Fethi Ghares illustre également un schéma répressif désormais bien établi. Chaque cycle suit la même mécanique : une prise de position publique jugée trop critique, l’ouverture d’une enquête, un procès rapide, puis une condamnation lourde. Ghares, déjà arrêté et jugé à plusieurs reprises depuis 2021, est devenu l’un des symboles de cette stratégie judiciaire. Le MDS, héritier du parti communiste algérien et gelé en 2023, conserve une portée symbolique disproportionnée par rapport à son poids électoral : il incarne une tradition politique autonome, laïque, critique du pouvoir, et donc perçue comme potentiellement subversive dans un paysage verrouillé.


La décision de la cour d’Alger envoie plusieurs messages. À l’opposition, elle rappelle que toute critique directe du président sera sanctionnée. À l’appareil administratif et judiciaire, elle confirme que les articles 146 et 196 bis demeurent les leviers privilégiés pour encadrer l’expression politique. À l’international, elle montre que malgré les discours tenus à Berlin, la ligne intérieure reste celle du durcissement. La condamnation de Ghares dépasse ainsi le cadre individuel : elle s’inscrit dans une stratégie politique assumée, où la justice sert à calibrer le champ de l’expression publique et à consolider le récit officiel de stabilité.


Yacine M

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