Condamné à un an de prison ferme : Mustapha Bendjama dépose plainte contre la juge
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Le journaliste Mustapha Bendjama a été condamné, ce mercredi 04 mars, par le tribunal de Annaba à une peine de 1 an de prison ferme et d’un « dédommagement pour le Trésor public », a indiqué le concerné sur sa page facebook. Il est poursuivi en vertu des articles 96 et 196 bis 1 du Code pénal pour “mise à la disposition du public de publications susceptibles de porter atteinte à l'intérêt national” et “diffusion d'informations fausses ou tendancieuses de nature à porter atteinte à la sécurité ou à l'ordre publics”.
Contrairement aux précédents procès, Mustapha Bendjama a décidé de passer à l’offensive : il a déposé plainte contre la présidente du tribunal de Annaba pour ne pas avoir bénéficié de suffisamment de temps pour s’expliquer et répondre aux questions de la juge. Dans un long texte publié sur sa page facebook, le journaliste, poursuivi dans une vingtaine d’affaires liées à ses activités journalistiques, explique les raisons de son geste : « Je n’ai bénéficié que de deux à trois minutes pour répondre aux accusations portées contre moi, et j’ai été interrompu à deux reprises pendant ce court laps de temps », a-t-il écrit tout en ajoutant qu’il n’avait pas ou avoir du temps nécessaire pour « exposer pleinement les faits et assurer ma défense » en plus de la suspension de l’audience « à plusieurs reprises, notamment pour juger d’autres affaires alors que mon procès était en cours ».
Plus qu’une affaire personnelle, cette plainte -une première dans les annales judiciaires algériennes ces dernières années- Mustapha Bendjama dit vouloir défendre « un principe ». « Au-delà de ma situation personnelle, il s’agit d’une question de respect des droits fondamentaux et de la dignité des justiciables », note-t-il.
En plus d’empiler les plaintes et les condamnations, Mustapha Bendjama est empêché de quitter le territoire national depuis au moins 6 années. Au début, la justice n’avait donné aucune raison à une interdiction qui ne doit se faire en principe que par voie judiciaire. Depuis janvier 2025, un juge du tribunal de Annaba a mis en forme cette interdiction qui n’est pas motivée.
Malgré la cessation du Hirak depuis 2021, les poursuites d’activistes, de journalistes et parfois de simples citoyens qui osent exprimer des opinions politiques sur les réseaux sociaux, se poursuivent à un rythme soutenu. Les condamnations à des peines de prison et des détentions préventives se multiplient aussi.
Essaïd Wakli



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