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Crise diplomatique : Paris soupçonne Alger de « terrorisme d’État »

  • 3 avr.
  • 2 min de lecture

L’Algérie est désormais la cible d’une enquête pour « terrorisme d’État », diligentée en France. « Sur le terrorisme d'État iranien, nous avons trois procédures actuellement en cours », a déclaré ce vendredi Olivier Christen, procureur national antiterroriste, sur FranceInfo, ajoutant disposer également de « cinq autres procédures qui sont principalement en lien avec la Russie et avec l'Algérie ».


La France a donc officiellement ouvert une procédure visant Alger, une première aux implications diplomatiques explosives. Cette annonce place l’Algérie dans le même registre que l’Iran et la Russie, déjà soupçonnés d’opérations clandestines contre des opposants exilés. Au‑delà du cas algérien, cette enquête s’inscrit dans un mouvement plus large de lutte contre les ingérences étrangères en Europe. Selon le PNAT, plusieurs dossiers concernent des actions menées sur le sol français contre des dissidents, dont la tentative d’enlèvement du youtubeur Amir Boukhors, dit Amir DZ, qui a conduit à la mise en examen d’un agent consulaire algérien. Une affaire aux ramifications sensibles, où se mêlent enjeux judiciaires, immunité diplomatique et tensions politiques déjà à vif entre Paris et Alger.


Les enquêtes en cours « s'inscrivent dans le même esprit », poursuit Olivier Christen : « Ce sont plutôt ces pays étrangers qui ne vont pas forcément commettre des actions directement contre la population française, mais davantage contre leurs opposants sur le territoire. La seule qui s'inscrit davantage contre la population française, c'est l'Iran, puisqu'ils ciblent une part de la communauté française qui va symboliser ce que sont leurs ennemis pour eux, et notamment la communauté israélite. »


Concernant l’Algérie, le magistrat fait référence aux tentatives de kidnapping ayant visé, entre 2023 et 2024, plusieurs activistes algériens en France. L’enquête sur la tentative d’enlèvement d’Amir DZ a mené à l’arrestation d’un agent consulaire algérien travaillant au consulat de Créteil, en région parisienne. D’autres dirigeants d’organismes étatiques algériens seraient également concernés par cette procédure aux ramifications importantes.


Des informations non confirmées officiellement évoquent même l’implication de hauts responsables civils et militaires dans ces opérations, supposément destinées à faire taire un agitateur qui diffusait des vidéos mêlant insultes, révélations et accusations difficilement vérifiables contre les dirigeants algériens, y compris le président Abdelmadjid Tebboune.


Pour l’heure, les autorités algériennes n’ont pas réagi à l’annonce de l’enquête elle‑même. Elles ont en revanche exprimé une vive colère après la prolongation de la détention provisoire du fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères mis en examen dans cette affaire.


Cette procédure risque d’empoisonner davantage des relations déjà exécrables entre les deux pays. Les tentatives de normalisation engagées ces derniers mois pourraient être heurtées de plein fouet par ces dossiers judiciaires qui devraient s’amplifier dans les semaines à venir. Tandis que Paris plaide l’indépendance de la justice, Alger crie au scandale. Un dialogue de sourds semble s’installer entre les deux capitales.


L’ouverture de cette enquête pour « terrorisme d’État » marque un tournant dans la manière dont la France appréhende les opérations clandestines visant des opposants étrangers sur son territoire. Pour Alger, qui dénonce une instrumentalisation judiciaire, l’affaire tombe au pire moment, alors que les efforts de rapprochement restaient fragiles et inachevés. Les prochaines semaines s’annoncent décisives : entre avancées judiciaires, réactions politiques et révélations potentielles, ce dossier pourrait durablement redessiner les relations franco‑algériennes, déjà minées par la méfiance et les crises à répétition.


Essaid Wakli

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05 avr.
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