Derrière les inaugurations du 1er Novembre, une réalité budgétaire préoccupante

À l'approche de la commémoration du déclenchement de la guerre d'indépendance, le pouvoir et ses relais médiatiques reprennent leur rituel habituel. Comme chaque année, les « réalisations » attribuées à Abdelmadjid Tebboune seront mises en avant à travers la distribution de milliers de logements et l'inauguration de divers projets socio-économiques.
Pourtant, près de sept ans après son arrivée au pouvoir, les principaux indicateurs économiques continuent de révéler les fragilités structurelles de l'économie nationale. Le projet de loi de finances présenté à l'Assemblée populaire nationale offre, à cet égard, un aperçu préoccupant de la situation des finances publiques.
Avec des dépenses prévues de près de 17 900 milliards de dinars, soit environ 132 milliards de dollars, les recettes de l'État ne devraient pas dépasser 9 250 milliards de dinars, l'équivalent d'environ 69 milliards de dollars. Autrement dit, les recettes budgétaires couvrent à peine un peu plus de la moitié des dépenses prévues.
Une part considérable des ressources publiques continue d'être absorbée par les dépenses de fonctionnement. Les salaires de la fonction publique, les transferts sociaux et les différentes formes de soutien de l'État représentent l'essentiel des dépenses budgétaires. Dans le même temps, les crédits destinés à l'investissement restent insuffisants au regard des besoins du pays en infrastructures productives, en diversification économique et en création d'emplois durables.
Le déficit budgétaire demeure particulièrement élevé. Selon les données du projet de loi de finances, il dépasse 8 600 milliards de dinars, soit plus de 63 milliards de dollars. Son niveau représente environ 16 % du produit intérieur brut, un ratio qui illustre l'ampleur du déséquilibre entre les ressources de l'État et ses dépenses. Malgré plusieurs années de cours favorables des hydrocarbures, le pouvoir n'est toujours pas parvenu à réduire significativement sa dépendance aux recettes pétrolières ou à engager une véritable réforme des finances publiques.
L'autre indicateur révélateur de cette absence de transformation économique est la faiblesse persistante des exportations hors hydrocarbures. Malgré les annonces répétées sur la diversification de l'économie, celles-ci restent largement marginales. Sur les premiers mois de l'année 2026, les exportations hors hydrocarbures n'ont représenté qu'environ 4 milliards de dollars, tandis que l'objectif officiel pour l'ensemble de l'année est fixé à 5 milliards de dollars.
Surtout, une part non négligeable des produits comptabilisés dans cette catégorie demeure directement ou indirectement liée aux hydrocarbures, à travers les dérivés pétrochimiques et autres produits transformés issus du secteur énergétique. L'économie algérienne reste donc fortement dépendante de la rente pétrolière et gazière.
À l'occasion du 1er Novembre, les médias publics mettront probablement en scène de nouvelles opérations d'exportation de produits électroménagers, de matériaux de construction ou de marchandises diverses. Les images de convois de camions franchissant les frontières seront abondamment diffusées. Mais ces opérations ponctuelles, aussi spectaculaires soient-elles, ne sauraient masquer la faiblesse de la base exportatrice nationale. Une économie ne se juge pas à travers quelques opérations médiatiques, mais à sa capacité à produire durablement des richesses, à conquérir des marchés extérieurs et à créer des emplois. Sur ces terrains décisifs, les résultats demeurent loin des ambitions affichées.
Essaïd Wakli



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