Gallimard de retour au Salon du livre d'Alger, deux ans après son éviction

L'éditeur français Gallimard figure de nouveau parmi les exposants du Salon international du livre d'Alger (SILA), dont les organisateurs l'avaient écarté en 2024 après la parution de Houris, le roman de Kamel Daoud. Ils n'ont donné aucune explication à ce retour. Le livre n'est toujours pas publié en Algérie.
Le 29e SILA a ouvert au public jeudi, au Palais des expositions des Pins maritimes, au lendemain de l'inauguration officielle. Le site de la manifestation mentionne Gallimard parmi les exposants, sans préciser les raisons de cette réadmission. La maison était annoncée au pavillon Palestine.
Le Salon se tient jusqu'au 7 novembre, avec l'Arabie saoudite comme invitée d'honneur et des exposants de 51 pays. Gallimard n'est pas le seul à revenir. Koukou Éditions, tenue à l'écart du SILA et des salons régionaux depuis 2023, a elle aussi annoncé sa réintégration.
Pour rappel, l'éviction remonte à octobre 2024. Un courrier des organisateurs avait notifié à Gallimard l'interdiction d'exposer à la 27e édition, sans motif, selon la maison. Par solidarité, le groupe Madrigall avait retiré Flammarion et Casterman. La décision avait été rapprochée de la parution de Houris en août de la même année, et le Syndicat national de l'édition comme l'Association internationale des éditeurs (IPA) avaient protesté. Antoine Gallimard avait déploré début novembre le silence des organisateurs.
Le roman, qui revient sur la décennie noire de 1992 à 2002, a reçu le Goncourt le 4 novembre 2024, une première pour un auteur algérien. Il ne peut pas être édité en Algérie, la Charte pour la paix et la réconciliation nationale de 2005 punissant de trois à cinq ans de prison quiconque utilise les blessures de la tragédie nationale contre l'État. Alger a émis deux mandats d'arrêt internationaux contre l'écrivain en mai 2025. Le tribunal d'Oran l'a ensuite condamné par contumace, le 21 avril dernier, à trois ans de prison ferme et cinq millions de dinars d'amende, en application de cette Charte, a annoncé Kamel Daoud le lendemain.
Une plainte de Saâda Arbane, qui affirme que l'héroïne s'inspire de son histoire, vise aussi l'écrivain en Algérie et en France. Il parle d'une fiction, et son éditeur également.
Amine B.



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