À l’approche du 1er Novembre, la famille de Christophe Gleizes multiplie les appels à la grâce présidentielle

À quelques heures de la commémoration du déclenchement de la guerre d'indépendance, la famille du journaliste français Christophe Gleizes multiplie les sorties publiques pour tenter de convaincre le président Abdelmadjid Tebboune d'accorder une grâce au journaliste sportif, condamné à sept ans de prison ferme en Algérie.
À l'approche de cette échéance symbolique, souvent marquée par des mesures de clémence en faveur de détenus condamnés définitivement, Christophe Gleizes, âgé de 38 ans, a reçu la semaine dernière à la prison de Koléa la visite de Ségolène Royal, présidente de l'association France-Algérie. Profitant d'un déplacement en Algérie qui l'a notamment conduite à Djanet, dans le sud du pays, l'ancienne ministre socialiste a fait étape à Koléa pour rencontrer le journaliste.
« Chaque fois que je vais en Algérie, je rencontre Christophe Gleizes », a-t-elle déclaré à TF1. « Il va bien parce qu'il a le moral, mais c'est long. » Interrogée sur l'évolution du dossier entre Paris et Alger, l'ancienne candidate à l'élection présidentielle française de 2007 s'est montrée prudente : « On ne peut pas dire cela, mais il faut espérer. »
En attendant une éventuelle mesure de clémence, Ségolène Royal a introduit une nouvelle demande de grâce présidentielle au bénéfice du journaliste. Jusqu'à présent, le chef de l'État n'a donné aucun signal public laissant présager une issue favorable à cette requête.
Pour tenter de faire évoluer la situation, la famille du journaliste mise également sur l'émotion. Son frère, Maxime Gleizes, a évoqué les épreuves personnelles vécues par son frère en détention. « Je vais être papa, ça lui a fait tout bizarre, parce que ma mère lui a dit au parloir la dernière fois. Il loupe tous ces moments de vie », a-t-il confié au micro de TF1. « Il y a aussi un très bon ami à lui qui est décédé. J'étais au parloir la dernière fois, et je n'ai pas pu lui dire. »
Le dossier de Christophe Gleizes est devenu l'un des principaux sujets de mobilisation des organisations de défense de la liberté de la presse. Collaborateur régulier des magazines So Foot et Society, il avait été arrêté en mai 2024 alors qu'il réalisait un reportage consacré à la Jeunesse sportive de Kabylie (JSK). Après plusieurs mois sous contrôle judiciaire, il a été condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme » et « possession de publications dans un but de propagande nuisant à l'intérêt national ».
Selon les autorités algériennes, les poursuites reposent notamment sur des liens et échanges entretenus avec un responsable associé au Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK), classé organisation terroriste en Algérie depuis 2021. De leur côté, ses soutiens, dont Reporters sans frontières (RSF), estiment que ces contacts relevaient exclusivement de son activité professionnelle de journaliste et dénoncent une condamnation portant atteinte à la liberté de la presse.
Au-delà du monde médiatique, plusieurs personnalités du football se sont mobilisées en faveur du journaliste. Un match de gala doit être organisé le 11 novembre avec la participation d'anciennes vedettes du football français, parmi lesquelles Robert Pirès et Vikash Dhorasoo. Lors de la cérémonie du Ballon d'Or, l'ancien international français Thierry Henry a également rendu hommage à Christophe Gleizes et exprimé le souhait de le voir retrouver prochainement la liberté, une prise de position qui a suscité des réactions contrastées dans certains médias algériens.
Fin juillet, Zinédine Zidane avait lui aussi publiquement souhaité voir le journaliste « rentrer chez lui ». Parallèlement, Reporters sans frontières poursuit sa campagne internationale en faveur de sa libération et plusieurs rassemblements de soutien ont été organisés en France ces derniers mois.
Début 2026, le transfert du journaliste de la prison de Tizi Ouzou vers celle de Koléa avait été interprété par certains de ses soutiens comme un possible signe d'apaisement. Toutefois, malgré les multiples démarches engagées par sa famille, des ONG et plusieurs personnalités françaises, rien ne permet aujourd'hui d'affirmer qu'une grâce présidentielle soit imminente.
Essaïd Wakli



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