Dialogue politique et chiffres contestés : retour sur l’intervention du président Tebboune
- cfda47
- il y a 23 heures
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Dans un discours de près de deux heures, prononcé mardi 30 décembre devant les parlementaires des deux chambres du parlement, le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, a très peu parlé de la politique. Rien sur les libertés, ni sur l’existence -ou non-d’une crise politique dans le pays. Ni sur les échéances électorales futures. Il a en revanche excellé dans les contrevérités.
Le chef de l’Etat algérien a évoqué, une fois de plus, la question du dialogue avec la classe politique. Ce dialogue, a-t-il précisé, sera engagé après l’adoption de la nouvelle loi sur les partis politiques. Il a insisté sur le fait qu’il reste pleinement engagé à mettre en œuvre l’ensemble des conclusions qui émergeront de ces concertations politiques.
Ce n’est pas la première fois que Abdelmadjid Tebboune évoque un dialogue politique. Ce n’est pas la première fois non plus qu’il ne tient pas parole. Certes, il a rencontré certains chefs de partis, ceux présents au parlement, en 2023. Mais à l’issue d’une journée de discussion, aucune décision sérieuse n’a été prise en conclusion de cette rencontre. Le chef de l’Etat a même montré son agacement devant les critiques de certains chefs de partis politiques qui lui faisaient remarquer que des citoyens algériens étaient « placés en détention à cause de leurs opinions. »
Mais les contrevérités de Abdelmadjid Tebboune ne s’arrêtent pas là. Il a par exemple osé affirmer que la baguette de pain se vendait à 8,5 DA alors que sur le terrain, cela fait des années que le prix du pain est passé à 10, voire 15 DA et plus dans quasiment toutes les boulangeries du pays.
Dans la liste des discours qui ne collent pas avec la réalité, Abdelmadjid Tebboune a évoqué le nombre de logements construits depuis son arrivée au pouvoir. Il a estimé que l’Etat a bâti près de 6 millions d’unités, tous genres confondus, depuis 2020. Pourtant, la majorité des projets du secteur de l’Habitat qui ont été livrés -en partie seulement d’ailleurs, puisque beaucoup de sites ne sont toujours pas achevés plus de 13 ans après le lancement- ont été lancés du temps de Abdelaziz Bouteflika. C’est le cas des sites AADL dont certains ne sont toujours pas livrés ! Puis, le nombre lui-même paraît excessif comme l’est pas exemple le taux de couverture de l’industrie nationale du médicament, estimé à 80 %, alors que tout le monde sait que ce qui est considéré comme « production nationale » n’est qu’une simple opération d’embouteillage, dans la majorité des situations en tous cas.
Mais ce n’est pas la première fois que le chef de l’Etat algérien se distingue comme cela par des discours approximatifs. C’est devenu sa marque de fabrique !!!!
Essaïd Wakli



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