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Djanet : Colère de la population après l’arrestation de deux dignitaires

  • cfda47
  • il y a 8 minutes
  • 3 min de lecture

L’ancien sénateur d’Illizi, Hamma Hamani, ainsi que l’ancien député de la même circonscription, Hocine Benkellala — également appelé « amghar n Azejjar » et « Amnokal » des Touaregs de Djanet — ont été placés sous mandat de dépôt par le juge d’instruction du tribunal de Sidi M’Hamed à Alger. Ces interpellations ont suscité une vive colère à Djanet, où les habitants ont organisé des sit-in pour exprimer leur protestation.


Selon les premiers éléments dont nous disposons, ces personnalités, très estimées dans la région, ont été interpellées dans le cadre d’une opération de lutte contre la drogue. De la cocaïne a été trouvée chez certains, en plus de grosses sommes d’argent en liquide. Des sources généralement bien informées précisent en effet que l’arrestation de ces personnalités très influentes dans cette région où les liens tribaux sont encore très importants n’aurait pas pu se faire sans l’aval des hautes autorités du pays, tellement le sujet est très sensible.


Non-Habituées à ce genre d’interpellations, des populations locales ont commencé à organiser des sit-in pour réclamer la libération des détenus. Quelques images diffusées sur les réseaux sociaux montrent en effet des citoyens de Djanet portant des pancartes sur lesquelles on peut lire : « Elle est où la présomption d’innocence ? » et d’autres slogans.


La situation est tellement tendue à Djanet que les autorités centrales ont envoyé à Djanet l’ancien premier ministre Abdelaziz Belkhadem comme émissaire pour tenter de calmer la colère des citoyens. L’ancien secrétaire général du FLN s’y est rendu vendredi à bord d’un jet de la présidence de la République. Il a rencontré les dignitaires de la région.


Parallèlement à cette médiation, des personnalités locales ont lancé des appels au calme. Dans une lettre envoyée de prison, Hocine Benkellala appelle la population à faire preuve de calme et « car une réaction émotive peut avoir des conséquences désastreuses ». Il dit en effet « comprendre que le sentiment d’exclusion peut produire des réactions fortes » sur le plan humain. « La relation entre la société et les services de Sécurité est le garant de la stabilité du pays », a-t-il encore écrit sans se prononcer sur le fonds des accusations qui lui sont portées.


Mohamed Hamani, le frère de l’ancien député détenu, a appelé également la population au calme et a estimé que « les problèmes ne se règlent pas par les manifestations et l‘anarchie (…) après tout, mon frère n’est pas condamné. Il fait l’objet d’une procédure judiciaire comme ce fut le cas pour des ministres et autres personnalités », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. D’autres personnalités de la région ont lancé des appels similaires. Certains citoyens qui se sont exprimés également sur les réseaux sociaux se sont démarqués de ces manifestations.


Région frontalière, aux confins du Niger et de la Libye, extrêmement sensible, la région de Djanet a toujours bénéficié d’un traitement particulier de la part des autorités centrales à Alger depuis l’indépendance.


Les dignitaires locaux, qui exercent une influence indiscutable sur les populations, ont toujours été traités avec beaucoup d’égards par le pouvoir central qui les a faits députés, sénateurs ou rehaussés à d’autres fonctions. L’Etat a même souvent fermé les yeux contre certains de leurs dépassements, notamment s’agissant de trafics divers. En contrepartie, ces hommes ont servi de vigiles, contre des menaces étrangères ou même contre de possibles coup de colères locales, au profit de l’Etat. Mais ce deal semble être rompu puisqu’il s’agit, cette fois-ci, de trafic de drogues dures. Pour l’instant, il n’y a aucune réaction des autorités.


Essaïd Wakli

 

 

 
 
 

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