Décès de Karim Tahar : un grand Algérien s’en va dans l'anonymat
- cfda47
- 10 oct.
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Dernière mise à jour : 13 oct.

La terre d’Algérie a accueilli dans ses entrailles, ce vendredi 10 octobre 2025 le corps d’un de ses fils dignes : le chanteur et boxeur professionnel, Karim Tahar, décédé dans la matinée même à l’âge de 94 ans.
Né Tahar Khali en 1931 à Béjaïa, d’une famille originaire d’El-Flaye (Sidi-Aïch) celui qui est connu sous le nom de Karim Tahar, avait une vie pleine. Artiste chanteur depuis 1947 où il a composé à Beb-El-Oued une chanson demeurée culte « Itij m’id icreq ; quand le soleil se lève », il a révolutionné la musique kabyle en introduisant des sonorités et rythmes nouveaux, comme la rumba et des sonorités Jazz. Il a été le premier chanteur kabyle à se faire accompagner par un grand orchestre, bien avant le légendaire Chérif Kheddam. Puis, il a diversifié sa musique en chantant en arabe et en français avant d’aller côtoyer des grands musiciens du monde, à l’image de l’Egyptien Mohammed Abdelwahab ou la mythique chanteuse française Edith Piaff. Avec son air d’acteur italien, Karim Tahar s’est fait appelé par la presse française le Tino Rossi kabyle, du nom du grand chanteur et acteur français des années 1940 et 1950.
En plus du chant, Karim Tahar a brillé dans le domaine de la boxe, d’abord comme boxeur professionnel et ensuite comme arbitre international de boxe. Un métier qu’il a poursuivi bien après l’indépendance. Il a par exemple arbitré des combats du mythique Mohamed Ali. Puis, l’Algérien a figuré parmi les arbitres internationaux de boxe jusqu’à sa retraite dans les années 1990.
Après sa retraite, l’enfant de Béjaïa a décidé de vivre dans la discrétion. Seule la chaîne 2 de la radio nationale et les directions de la Culture de Béjaïa, Tizi-Ouzou et le TNA, le théâtre national algérien, lui ont rendu hommage. Peu mondain, il s’est fait discret, préférant sa maison située sur les hauteurs d’Alger que les cérémonies officielles. Mais cela ne doit pas justifier l’oubli, la négation d’une carrière aussi riche, aussi intense et surtout aussi emblématique.
Malgré cette longue vie pleine de rebondissements et de réalisations, Karim Tahar n’a pas été justement « récompensé ». Seule une trentaine de personnes ont assisté à son enterrement, vendredi 10 octobre au cimetière de Garidi, à Alger. Aucun officiel, ni un représentant des ministères de la Culture et celui de la Jeunesse et des sports, n’est venu déposer une gerbe de fleurs en signe de reconnaissance pour cet homme qui a consacré les plus beaux jours de sa vie à représenter dignement son pays. Un geste des ingratitudes bien algériennes !!!
Essaïd Wakli



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