Déploiement de l’Algérie au Niger : Le PT dénonce une « ingérence » de l’Union européenne

Dans un communiqué daté du 7 novembre, le Parti des travailleurs reproche à l’Union européenne de s’immiscer dans les affaires de l’Algérie, après qu’un porte-parole de Bruxelles a dit attendre des éclaircissements sur l’envoi d’unités de l’ANP au Niger. Le parti rappelle que l’Algérie n’est le protectorat de personne et renvoie l’Union à ses propres engagements militaires.
Le Parti des travailleurs (PT) rejette la demande d’éclaircissements adressée à l’Algérie par l’Union européenne (UE) au sujet de l’envoi d’unités de l’Armée nationale populaire (ANP) au Niger. Dans un communiqué du secrétariat de son bureau politique, intitulé « Ingérence de l’Union européenne dans les affaires intérieures de notre pays », le parti demande de quel droit Bruxelles se mêle des affaires de deux pays souverains et voisins, liés par des accords économiques et énergétiques, mais aussi sécuritaires. Le texte réagit aux propos d’Anouar El Anouni, porte-parole de l’UE pour les affaires étrangères, qui a indiqué que l’Union suivait la situation de près et attendait des éclaircissements sur la portée, l’objectif et la base de ce déploiement.
Le déploiement a été annoncé le 26 octobre par la présidence de la République, à la demande des autorités nigériennes et après l’approbation des deux chambres du Parlement. Alger le justifie par la protection d’intérêts énergétiques et économiques communs aux deux pays. S’agissant des accords conclus par l’État algérien, le PT estime que le peuple algérien est seul habilité à en juger la validité et les objectifs, au regard des intérêts exclusifs du pays. Le parti ajoute que l’Algérie, qui a payé un lourd tribut pour arracher son indépendance, n’est pas et ne sera jamais le protectorat d’un pays ou d’une entité quelconque.
Le parti retourne l’argument à Bruxelles. Il rappelle que des États de l’Union ont mené des agressions militaires contre des pays souverains, y compris en Afrique, et que les membres de l’UE sont liés entre eux et à d’autres pays par des accords militaires. Il affirme aussi que l’Union est soumise, sur le plan militaire, aux décisions de l’administration américaine, qu’il accuse de vouloir généraliser les guerres.
Le communiqué s’attarde ensuite sur Israël. Selon le PT, la plupart des pays de l’UE sont liés militairement à ce qu’il appelle « l’entité sioniste », qu’il accuse de commettre un génocide. L’Union en serait le deuxième fournisseur d’armes, derrière les États-Unis, des armes utilisées pour tuer les Palestiniens et les Libanais en particulier, et pour attaquer plusieurs pays du Moyen-Orient. Le texte conclut par un « Assez de cynisme » et par le mot d’ordre « Bas les mains de notre pays ».
Le PT n’est pas le seul à réagir. L’ancien ministre et ancien ambassadeur Abdelaziz Rahabi s’est lui aussi demandé de « quel droit » l’UE réclamait des éclaircissements, jugeant plus grave encore que son porte-parole les attende expressément de l’Algérie. De son côté, Bruxelles dit soutenir les efforts de paix et de sécurité au Sahel à condition qu’ils respectent le droit international et la souveraineté des États, et veut des mesures de sécurité transparentes et proportionnées.
Sophie K.



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