Education nationale : L’austérité qui met en colère les enseignants
- cfda47
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Les promesses des autorités algériennes commencent à se fracasser face à la réalité budgétaire née d’un déficit chronique du budget de l’Etat. Incapable de tenir ses engagements de promouvoir tous les enseignants dont l’expérience dépasse 4 ans, le ministère de l’Education nationale a organisé « une formation » et « un concours » pour trier les promus. Mais cela ne passe pas. Des dizaines de milliers de fonctionnaires de l’Education nationale ont décidé de boycotter ces formations, exigeant une application stricte de la loi qui prévoit leur promotion automatique après 4 ans d’expérience.
Loin de la couverture médiatique, des enseignants ont tenu des rassemblements dans les quatre coins du pays pour protester contre la décision du ministère de l’Education nationale. Résultat : plus de 90% des enseignants ont refusé de participer à ces séances de sélection. « La politique du fait accompli a échoué, la pression a porté ses fruits et la voix des professeurs a prévalu. La balle est désormais dans le camp du ministère », a réagi Boualem Amoura, secrétaire général du Syndicat national des travailleurs de l’Education et de la Formation (SATEF).
Du côté de l’Etat, le ministre de l’Education nationale Mohamed-Seghir Sadaoui, a reconnu publiquement que « le budget de l’Etat ne permet pas de promouvoir tous les enseignants », a-t-il indiqué lors d’une allocution prononcée samedi 24 janvier à Alger.
A la place, le représentant du gouvernement a mis en place une formation pour les enseignants ayant entre 4 et 7 ans d’expérience, ceux ayant plus de 7 ans de travail comme enseignants étant intégrés d’office dans le nouveau grade. « La formation n’est pas une plus-value. C’est juste une manière de gagner du temps et de reporter les indemnisations », a répliqué Boualem Amoura.
Dans le dernier statut des enseignants, il est mentionné en effet que pour augmenter les salaires des fonctionnaires, des promotions systématiques sont prévues après 4 ans d’expérience. Une autre promotion est également prévue après 7 ans d’ancienneté. Or, cela demande des efforts financiers importants que l’Etat ne peut pas assumer actuellement.
Ce nouveau bras de fer entre les enseignants et leur tutelle est la preuve que la situation financière de l’Etat est critique. En annonçant que le ministère de l’Education nationale est incapable d’honorer ses engagements, Mohamed-Seghir Sadaoui a ouvert la voie à une confrontation qui risque de dépasser son secteur. D’autres fonctionnaires pourraient en effet avoir le même réflexe et paralyser des secteurs entiers de la Fonction publique. Cela est le résultat de la fuite en avant des responsables du pays qui ne peuvent pas assumer la réalité des finances publiques !
Essaïd Wakli



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