Expulsions vers l’Algérie : la coopération consulaire repart, 150 laissez‑passer délivrés depuis février
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La coopération migratoire entre la France et l’Algérie, longtemps grippée, connaît depuis février 2026 un début de normalisation. Selon les données communiquées par le ministère français de l’Intérieur, Alger a délivré environ 150 laissez‑passer consulaires en un peu plus de deux mois, permettant la reprise des expulsions de ressortissants algériens en situation irrégulière. Le gouvernement français affirme que 150 personnes ont ainsi été reconduites à la frontière depuis le début de l’année, un niveau inédit depuis la rupture du dialogue consulaire en 2025.
Cette évolution intervient après la visite à Alger du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, en février dernier. Ce déplacement avait pour objectif de rétablir un canal de discussion opérationnel sur les dossiers migratoires, gelés pendant près d’un an sur fond de tensions diplomatiques. Dès mars, plusieurs médias français avaient signalé une reprise progressive des délivrances de laissez‑passer, évoquant « plusieurs dizaines » de documents validés par les autorités algériennes. Début mai, des sources gouvernementales faisaient état de 120 laissez‑passer délivrés depuis la visite ministérielle, un chiffre désormais porté à 150 selon les dernières communications internes.
La France met en avant une priorité donnée aux profils considérés comme les plus sensibles : personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) et individus condamnés pour des faits graves. Le ministère de l’Intérieur insiste sur le caractère « strictement ciblé » des expulsions, dans un contexte où la pression politique sur les résultats migratoires reste forte. Les autorités françaises rappellent également que la délivrance d’un laissez‑passer consulaire est une condition indispensable pour exécuter une mesure d’éloignement, ce qui explique l’importance stratégique de la coopération avec Alger.
Du côté algérien, aucune communication officielle n’a été publiée sur ces chiffres, mais la reprise des délivrances de laissez‑passer confirme un infléchissement diplomatique après une année 2025 marquée par un gel quasi total des procédures. Les discussions engagées depuis février semblent avoir permis de rétablir un minimum de confiance, même si les deux capitales avancent avec prudence. Les observateurs notent que cette reprise reste encore en‑deçà des niveaux enregistrés avant les tensions de 2025, mais qu’elle marque un tournant dans une relation bilatérale souvent heurtée par la question migratoire.
Pour Paris, ces résultats constituent un signal politique important, alors que le gouvernement cherche à démontrer l’efficacité de sa stratégie migratoire et à relancer une coopération judiciaire plus large avec Alger. La dynamique reste fragile, mais les chiffres avancés par l’Intérieur témoignent d’un redémarrage concret des procédures d’éloignement, après des mois de blocage qui avaient alimenté les critiques sur l’impuissance de l’État à exécuter les décisions d’expulsion.
Nadia B