Extradition de l'avocat tunisien Makhlouf : Riposte Internationale dénonce la décision d'Alger
- cfda47
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L'ONG basée à Paris critique la remise par l'Algérie de Seifeddine Makhlouf aux autorités tunisiennes, après plus d'un an et demi de détention. L'ancien député, condamné à plusieurs peines de prison en Tunisie, avait déposé une demande d'asile auprès du HCR.
L'organisation Riposte Internationale a condamné “avec la plus grande fermeté”, dans une déclaration publiée lundi 20 janvier, l'extradition de l'avocat tunisien Seifeddine Makhlouf par les autorités algériennes.
“Cette décision est une violation flagrante des droits de l'homme et du droit d'asile”, estime l'ONG, qui rappelle que l'avocat “risque de lourdes peines de prison pour ses opinions et activités légitimes”.
Riposte Internationale va plus loin en affirmant que “ni l'Algérie ni la Tunisie ne sont des terres d'asile pour les opposants et les défenseurs des droits humains”, pointant des “bilans désastreux en matière de respect des droits de l'homme”. L'organisation dénonce “la complicité de l'Algérie dans la persécution” de l'avocat et appelle la communauté internationale à se mobiliser.
Ancien député et président du parti Al Karama, Seifeddine Makhlouf avait été arrêté le 4 juillet 2024 à l'aéroport d'Annaba alors qu'il tentait de rejoindre sa famille au Qatar via Istanbul. Les autorités algériennes avaient constaté l'absence de cachet d'entrée sur son passeport, suggérant un franchissement clandestin de la frontière terrestre. Il avait été inculpé pour entrée illégale et usage de faux documents.
Durant sa détention en Algérie, l'avocat avait déposé une demande d'asile auprès du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et obtenu, selon des sources proches du dossier, une protection temporaire. Il s'apprêtait à rejoindre le Royaume-Uni, où sa demande de regroupement familial avait été acceptée, lorsque les autorités algériennes l'ont remis à Tunis samedi dernier.
Dès le 18 janvier, la procureure de la République près le tribunal de Tunis a ordonné son placement en détention. En Tunisie, Makhlouf cumule plusieurs condamnations : un an de prison en 2022 pour “atteinte à la dignité de l'armée”, quatorze mois en 2023 pour insultes envers des policiers, vingt mois la même année dans une affaire l'opposant au procureur de Sidi Bouzid. Le 13 janvier dernier, il a été condamné par contumace à cinq ans de prison pour atteinte à la sûreté de l'État.
Avocat depuis 2009, Seifeddine Makhlouf s'était fait connaître en défendant des personnes accusées de terrorisme. Candidat à l'élection présidentielle de 2019, il avait obtenu 4,37 % des voix au premier tour avant d'être élu député de la circonscription de Tunis.
Amine B.