Face aux grévistes, le pouvoir joue sur la répression et la fibre patriotique
- cfda47
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Dernière mise à jour : il y a 18 heures

Face à la persistance de la mobilisation des conducteurs de camions poids lourds, le pouvoir est passé à l’acte. Plusieurs leaders de la protestation — notamment ceux qui se sont exprimés devant les caméras ou sur les réseaux sociaux — ont été arrêtés par les services de sécurité. Selon l’association Choaâ pour la défense des droits de l’homme, au moins une dizaine de protestataires ont été interpellés, et elle est la seule organisation à dénoncer ces arrestations.
Ces arrestations se sont produites dans le silence total. Ni les représentants des transporteurs, ni d’autres associations, encore moins la presse, n’ont abordé le sujet. Les prévenus sont notamment poursuivis pour « incitation à la grève » et « attroupement illicite ». Pour ne pas en rester là, les autorités ont incité des entreprises comme Naftal et d’autres organismes à déposer plainte contre les grévistes pour « atteinte aux intérêts de l’entreprise ». Ils risquent gros. Ils sont en détention provisoire en attendant leur procès.
En plus des poursuites judiciaires, les autorités ont mis une terrible pression sur les grévistes. Des représentants du pouvoir, des officiels comme des émissaires officieux sont descendus dans l’arène pour tenter de convaincre les protestataires de renoncer à leur action. L’argument qui leur est servi est toujours le même : la grève risque de créer un climat d’anarchie dans le pays et servir les intérêts des ennemis de l’Algérie. !
Et pour faire passer la pilule, les autorités continuent d’affirmer que le nouveau code de la route sera « revue », notamment dans son volet relatif à la détention d’un chauffeur ayant causé un homicide involontaire.
Ce langage allant dans le sens de la révision de la copie du nouveau code de la route a été également porté par le président du Conseil de la nation, Azzouz Nasri, qui a reçu ce jeudi 8 janvier, les représentants des syndicats des transporteurs. Selon ces derniers, qui ont animé une conférence de presse après la réunion, le deuxième personnage de l’Etat a insinué que le projet de loi va revenir dans la commission paritaire, sénat et APN, pour enlever certains articles litigieux.
Tout cela paraît pourtant comme de la ruse. Parce qu’au moment de la présentation du projet de loi devant la commission du Transport du Conseil de la nation, le ministre, Saïd Sayoud, a persisté dans son déni des réalités et a défendu son texte donnant l’impression d’avoir ignoré les grévistes et leurs revendications.
Beaucoup craignent en effet que ces gestes des autorités ne soient une manière de casser la grève en attendant le coup de grâce qui sera l’adoption de la loi telle qu’elle est voulue par le gouvernement.
Preuve de l’absence d’une volonté de céder ? Le maintien en détention des leaders des grévistes qui sont abandonnés y compris par leurs représentants !
Essaïd Wakli



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