top of page

Fin des privilèges pour les non-résidents : l’Algérie durcit sa législation sur les devises

  • cfda47
  • il y a 20 heures
  • 2 min de lecture

La réforme des devises en Algérie s’inscrit dans une logique de protection des réserves de change et de stabilisation du dinar. En supprimant les avantages accordés aux non-résidents et en renforçant le contrôle des flux financiers, le gouvernement cherche à limiter la spéculation et à réduire l’économie informelle qui prospère autour du marché parallèle des devises. Sur le plan théorique, cette stratégie peut contribuer à préserver les équilibres macroéconomiques et à donner plus de visibilité aux autorités monétaires.


Cependant, plusieurs limites apparaissent. D’abord, la réduction des allocations en devises pour les voyageurs et le durcissement des conditions pour les entreprises importatrices risquent de créer des tensions sociales et économiques. Les citoyens pourraient se tourner davantage vers le marché noir pour satisfaire leurs besoins, ce qui renforcerait paradoxalement l’économie informelle que la réforme veut combattre. Les entreprises, quant à elles, pourraient subir des retards dans leurs transactions internationales, affectant leur compétitivité et leur capacité à investir.


Ensuite, la mesure ne s’attaque pas directement aux causes structurelles de la demande élevée en devises : la dépendance aux importations, le manque de diversification économique et la faiblesse des exportations hors hydrocarbures. Sans réformes profondes dans ces domaines, le durcissement des règles de change risque de rester une solution temporaire, voire de générer des effets pervers.


Enfin, sur le plan politique, cette décision peut être perçue comme une volonté de contrôle accru de l’État sur les flux financiers, ce qui alimente un débat sur la liberté économique et la confiance des investisseurs étrangers. Si la réforme rassure certains acteurs institutionnels, elle peut aussi décourager les investissements et accentuer l’isolement économique du pays.


En somme, la réforme des devises de janvier 2026 est une mesure défensive qui vise à protéger les réserves et stabiliser le dinar. Elle présente des avantages à court terme mais comporte des risques sociaux et économiques si elle n’est pas accompagnée de politiques structurelles de diversification et de modernisation de l’économie.


Nadia B

bottom of page