Les remarques de Tebboune déclenchent une nouvelle crispation au Mali
- cfda47
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Le discours prononcé par le président, Abdelmadjid Tebboune devant les deux chambres du Parlement, fin décembre, continue de provoquer des remous au Mali. Présenté comme un bilan de politique intérieure et extérieure, l’allocution contenait plusieurs passages évoquant la relation entre Alger et Bamako, notamment la formation de cadres maliens en Algérie et le rôle « bienveillant » joué par Alger dans la région sahélienne.
Ces remarques, perçues comme paternalistes par certains responsables maliens, ont suscité une réaction froide à Bamako. Des voix au sein de la classe politique malienne ont dénoncé un ton jugé condescendant, estimant que le Mali n’avait pas à être présenté comme un pays sous tutelle ou dépendant de l’Algérie.
Un contexte déjà fragile
Les relations entre les deux pays traversent une période délicate depuis plusieurs mois. L’Algérie, médiatrice historique dans le dossier malien, a vu son rôle contesté par les autorités de transition à Bamako, qui reprochent à Alger de maintenir une proximité jugée excessive avec certains groupes signataires de l’Accord de paix de 2015.
De son côté, Alger s’inquiète de l’évolution sécuritaire au Mali, notamment du retrait de partenaires internationaux et de la montée en puissance d’acteurs militaires non étatiques. Le discours de Tebboune s’inscrivait dans cette logique : rappeler l’engagement algérien dans la stabilisation du Sahel et souligner les efforts fournis depuis des années.
Réactions contrastées au Mali
À Bamako, plusieurs responsables ont exprimé leur mécontentement, estimant que les propos du président algérien portaient atteinte à la souveraineté du Mali. Certains médias locaux ont relayé des analyses affirmant que l’Algérie cherchait à « s’ériger en tuteur » du Mali, une perception que les autorités algériennes n’ont pas commentée officiellement.
D’autres observateurs maliens, plus nuancés, rappellent toutefois que les deux pays restent liés par une frontière commune, des enjeux sécuritaires partagés et une coopération historique difficilement remplaçable.
Alger temporise, Bamako reste vigilant
Face aux critiques, Alger n’a pas réagi publiquement, privilégiant une approche discrète. Les diplomates algériens misent sur l’apaisement et rappellent en coulisses que les propos du président ont été sortis de leur contexte.
À Bamako, la prudence domine. Les autorités maliennes, engagées dans une recomposition de leurs alliances régionales, surveillent attentivement les signaux envoyés par Alger, tout en affirmant leur volonté de préserver une relation « fondée sur le respect mutuel ».
Une relation stratégique à préserver
Malgré les tensions, l’Algérie et le Mali restent interdépendants sur plusieurs dossiers : lutte contre le terrorisme, sécurité frontalière, commerce transsaharien, et médiation politique. Les crispations actuelles ne remettent pas en cause ces enjeux, mais elles rappellent la fragilité d’un partenariat soumis à des dynamiques régionales en pleine mutation.