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Face à la colère citoyenne, le pouvoir algérien adopte la fuite en avant

  • cfda47
  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture

Depuis quelques jours, l’Algérie connaît une vague de protestations sans précédent sous le règne de Abdelmadjid Tebboune. Le secteur des transports, de voyageurs comme de marchandises, connaît une grève sans précédent depuis l’arrivée de ce dernier au pouvoir. Outre la promulgation du nouveau code de la route qui a provoqué la colère des transporteurs routiers, c’est surtout la hausse subite des prix des carburants qui a suscité l’ire des transporteurs de voyageurs.


Près d’une semaine après le début du débrayage, les autorités n’ont toujours pas réagi. Face à la colère de certaines catégories sociales, elles préfèrent les techniques classiques, à savoir la menace et la propagande. La menace est venue de Naftal, la société qui distribue les carburants, qui a mis en garde les camionneurs transportant l’essence et le gasoil contre un quelconque débrayage. Elle est venue également des syndicats, notamment ceux relevant de l’UGTA qui, une nouvelle fois, jouent sur la fibre patriotique pour dissuader les grévistes. Mais ça ne marche pas !


En réalité, la problématique est ailleurs. Le pouvoir est dos au mur. Incapable de faire face aux énormes besoins des populations à qui il a promis monts et merveilles, il est obligé de trouver d’autres ressources pour combler l’énorme déficit du budget de l’Etat. Les recettes fiscales ne suffisent plus, et les solutions inexistantes pour un pouvoir en manque d’idées. Alors, il a tenté d’augmenter, ne serait-ce que légèrement, les prix des carburants pour soulager le trésor public. Mais la manière avec laquelle cela a été fait ne passe pas. Craignant des manifestations, le pouvoir a choisi la discrétion en évitant même de passer par l’Assemblée populaire nationale (APN) afin d’éviter la diffusion de l’information. Mais cela n’a pas marché.


En vrai, le pouvoir est dans une situation inextricable : face à un déficit abyssal du budget de l’Etat, il est obligé de chercher d’autres sources de financement au risque de mettre le pays dans une situation de cessation de paiement. Les réserves de change diminuent, les recettes sont fiscales bien minimes pour faire face aux besoins énormes de l’économie et des populations et le pouvoir est incapable d’imaginer des solutions. En même temps, Abdelmadjid Tebboune craint que ces décisions impopulaires ne soulèvent la colère de la population, lui qui a réussi à mâter toute velléité de contestation jusque-là.


La solution est donc politique : les libertés publiques ne sont pas un luxe. Elles doivent permettre aux politiques, aux médias et aux acteurs économiques d’apporter chacun sa solution et d’exprimer ses propositions. Sinon, le pouvoir continuera de n’écouter que sa propre voix, mettant en péril le pays tout entier.


Essaïd Wakli


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