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Harcelé et malmené en Algérie : IWAL, le couple d’artistes fait vibrer l’exil

  • cfda47
  • il y a 2 jours
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 1 jour


Dans le Sud‑Ouest de la France, loin des montagnes des Aurès et de la Casbah d’Alger, un couple d’artistes continue de faire vivre une musique qui puise dans les profondeurs de l’identité amazighe. Nesrine et Fayçel, fondateurs du groupe IWAL, incarnent aujourd’hui une génération d’artistes contraints à l’exil pour avoir défendu, chanté et revendiqué leurs racines.


Dans un paysage culturel où la liberté artistique se heurte trop souvent aux lignes rouges du pouvoir, le parcours de Nesrine et Fayçel, fondateurs du groupe IWAL, résonne comme un témoignage bouleversant.


Artistes chaoui‑kabyles profondément attachés à leurs racines amazighes, ils ont vu leur passion devenir motif de suspicion, puis de harcèlement.


Aujourd’hui installés en France après un exil forcé, ils continuent de faire vivre une musique qui porte à la fois la mémoire des Aurès et la force de ceux qui refusent de se taire.


Un duo né de deux héritages amazighs


Elle est Kabyle d’Alger, lui est Chaoui des Aurès. Ensemble, ils ont créé IWAL, un projet musical qui mêle recherche, poésie et sonorités ancestrales. Leur travail, salué par le public, a rapidement trouvé sa place sur les plus grandes scènes algériennes, jusqu’à l’Opéra d’Alger.


Leur musique, profondément enracinée dans la culture amazighe, se distingue par une volonté de transmission et de modernisation des chants traditionnels chaouis. Cette démarche artistique, sincère et assumée, a séduit un public large, bien au‑delà des frontières régionales.


Un succès public, mais un harcèlement silencieux


Derrière les applaudissements, un autre récit se jouait. Dès qu’ils franchissaient les frontières de Batna ou de leur village natal, Tkoukt, le couple faisait face à un climat de suspicion et de pression permanente.


Selon leurs témoignages, leur attachement affirmé à leurs racines a été l’un des facteurs majeurs du harcèlement qu’ils ont subi. Leur volonté de mettre en lumière les symboles, les chants et l’histoire des Aurès a été interprétée par certains services locaux comme un acte de défiance.


Les accusations qui leur ont été adressées témoignent de cette incompréhension: « appartenance à la franc‑maçonnerie », promotion de symboles « sataniques » pour avoir porté des signes amazighs, atteinte aux « bonnes mœurs » pour leur liberté artistique et leur vision progressiste. Un quotidien absurde : acclamés sur scène, inquiétés chez eux.


L’exil comme ultime protection


Lorsque la menace d’une incarcération est devenue explicite, Nesrine et Fayçel ont pris une décision douloureuse : quitter l’Algérie. Un arrachement profond pour deux artistes qui rêvaient leur avenir sous le soleil des Aurès.


Installés aujourd’hui en France, ils ont reconstruit leur vie, fondé une famille et poursuivent leur travail artistique. Leur petite fille, Ishtar‑Yelli, grandit dans un foyer où la musique est un acte de mémoire autant qu’un acte de liberté.


IWAL, une musique qui résiste à l’exil


Loin d’éteindre leur créativité, l’exil semble avoir renforcé leur détermination. IWAL continue de composer, d’enregistrer et de se produire sur scène. Leur musique porte désormais une dimension supplémentaire : celle du témoignage, de la résilience et de la défense d’une identité amazighe trop souvent mal comprise.


Le groupe remontera sur scène ce vendredi 23 janvier 2026, au Bateau El Alamein, à Paris. Un rendez‑vous très attendu par la diaspora amazighe et par tous ceux qui suivent leur parcours depuis des années.


Un symbole pour les artistes chaouis et amazighs


L’histoire de Nesrine et Fayçel dépasse leur seul destin. Elle met en lumière les difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux artistes et militants chaouis, souvent pris pour cible pour leur engagement culturel.


IWAL est devenu, malgré eux, un symbole : celui d’une culture qui refuse de s’éteindre, d’une jeunesse qui persiste à créer, et d’une identité amazighe qui continue de vibrer, même loin de sa terre.


Nadia B

 
 
 

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