top of page

Karim Tabbou dénonce l’instrumentalisation de l’Armée et les dérives des “soldats du clavier”

il y a 2 heures
3 min de lecture

Pour la 170ᵉ semaine de son contrôle judiciaire, Karim Tabbou s’est rendu à la caserne pour signer le registre, comme l’exige la procédure. Mais cette fois, l’opposant politique a choisi de transformer son billet hebdomadaire en une mise au point ferme adressée à ceux qu’il qualifie de faux défenseurs de l’Armée, devenus selon lui ses « pires serviteurs ».


Il dénonce une mécanique désormais rodée : à peine une voix critique s’exprime que surgissent, presque simultanément, des commentaires anonymes reprenant les mêmes récits, les mêmes accusations, les mêmes slogans. Une synchronisation qui, selon lui, ne laisse guère de doute sur l’existence d’une stratégie organisée. Sa dernière publication sur les incendies en Algérie a suscité un débat riche, mais aussi une vague de messages haineux : accusations de « trahison », insultes, menaces, et une rhétorique visant à présenter l’opposition comme complotiste ou inféodée à des agendas étrangers.


Karim Tabbou pointe du doigt ces comptes anonymes qui se proclament défenseurs d’« El Djeïch » ou de « 3amhoum Tebboune », et qui exploitent les sujets les plus sensibles — notamment l’identité — pour provoquer des polémiques et attiser les divisions. Il rappelle que l’ethnicisme, la haine et la stigmatisation d’une région ou d’un composant de l’identité nationale ne sont pas des opinions politiques, mais des instruments de fracture dont l’Algérie a déjà payé le prix.


Selon lui, ces « soldats du clavier » ne cherchent ni le débat ni la vérité. Leur objectif est de semer la suspicion, de caricaturer, de salir et de diviser. Incapables de répondre aux arguments, ils s’attaquent aux personnes ; incapables de défendre une idée, ils fabriquent des ennemis. Et lorsqu’ils manquent de substance, ils invoquent le patriotisme ou l’Armée pour donner une apparence de légitimité à leurs attaques.


Mais pour Tabbou, le plus grave réside dans l’instrumentalisation de l’institution militaire. Il affirme que ces groupes, en prétendant défendre l’Armée, la desservent en l’entraînant dans des querelles politiques et idéologiques. L’Armée nationale populaire, rappelle-t-il, n’est ni une tribu, ni un clan, ni le bras armé d’une faction. Elle appartient à la Nation et doit rester au-dessus des luttes partisanes. L’utiliser comme paravent pour insulter, menacer ou diviser constitue une atteinte à sa vocation et à sa crédibilité.


Tabbou réaffirme les principes portés durant le Hirak : la construction d’un État de droit, d’un État civil où les institutions — y compris l’institution militaire — exercent leurs missions dans le strict respect de la Constitution. L’Armée doit défendre la souveraineté nationale, rester neutre politiquement et ne jamais servir de source de légitimation au pouvoir. Défendre l’Armée, insiste-t-il, c’est refuser son instrumentalisation.


Face aux accusations de trahison, il répond qu’il n’a « besoin d’aucun certificat de patriotisme ». Son attachement à l’Algérie est profond, enraciné, et se mesure à sa volonté de la voir libre, unie, juste et digne. Son combat, dit-il, se situe au-delà des calculs politiciens : il milite pour une Algérie une et indivisible, une République qui rassemble tous les Algériens, loin des pièges de l’ethnicisme et de la haine.


Il conclut en rappelant ce qui devrait unir tous les citoyens : l’Algérie elle-même. Une Algérie démocratique, libre, heureuse, souveraine, non inféodée à des intérêts extérieurs. Il rend hommage aux martyrs et exprime son soutien aux détenus d’opinion, réaffirmant que les provocations ne détourneront pas son engagement.


Nadia B

 
 
 

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page