Les familles de disparus en Algérie visées par une vague de répression, alerte Amnesty International

Le bureau d'Alger de SOS Disparus est scellé depuis le 16 mars 2026. Amnesty International et plusieurs organisations du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord dénoncent, dans une déclaration conjointe, des arrestations, une condamnation et un rassemblement dispersé.
« Le message que nous envoyons est clair : les familles des personnes portées disparues et soumises à des disparitions forcées ne se laisseront ni réduire au silence, ni intimider, ni entravées dans leur quête de vérité, de justice et de réparations ». La phrase figure dans la déclaration conjointe publiée le 28 août 2026 par Amnesty International et plusieurs organisations du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, à l'occasion de la Journée internationale des victimes de disparition forcée. Le texte revient sur un bureau scellé, quatre proches de victimes arrêtés, un rassemblement dispersé.
16 mars 2026. La police met sous scellés le bureau d'Alger de SOS Disparus. L'association, née en 2001 des mains de familles en quête de réponses sur les disparus de la décennie noire, n'a jamais obtenu d'agrément officiel. Vingt-cinq ans d'activité sans reconnaissance officielle, jusqu'à cette fermeture. Selon la déclaration, la pression ne date pas de mars : dès 2024, des événements organisés dans ses propres locaux avaient déjà été bloqués par la police. En juillet 2025, sa fondatrice Nassera Dutour s'était vu refuser l'entrée du territoire. La Cour administrative d'appel d'Alger a rejeté son recours en janvier 2026.
La déclaration situe le cas algérien dans un cadre régional. Les signataires y dénoncent des pratiques comparables au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, où, selon eux, les États concernés tardent à reconnaître leur responsabilité dans les cas de disparition forcée et à indemniser les familles.
Un mois après la fermeture du bureau, quatre proches de victimes au moins sont arrêtés, selon le texte. L'un d'eux reste en détention. Depuis le 26 mars, le militant Rachid Ben Nekhla est maintenu en détention, dans le cadre d'une enquête liée à des accusations de terrorisme que les signataires qualifient d'infondées ; ces poursuites s'appuient, selon la déclaration, sur une publication Facebook où il évoquait la disparition forcée de son père en 1994. En avril, Slimane Hamitouche, coordinateur de la Coordination nationale des familles des disparus et neveu de victime, est condamné à six mois de prison avec sursis et à une amende, pour avoir exercé son droit à la liberté de réunion pacifique et d'association.
Le rassemblement du mercredi, à Alger, existe depuis 1998. Les forces de sécurité l'ont dispersé, invoquant, selon la déclaration, « l'absence d'autorisation et la clôture du dossier des disparus ».
Les signataires demandent la levée des scellés sur le bureau de SOS Disparus, la libération des personnes détenues pour avoir défendu les droits des familles de disparus, et l'arrêt des poursuites visant des militants pour l'exercice de leurs libertés de réunion et d'association. Ils rappellent que le droit international impose aux États de mener des enquêtes sur les cas de disparition forcée et d'en informer les familles, indépendamment du temps écoulé depuis les faits.
Khaled ROUABAH



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