L'Algérie sort de la liste grise du GAFI, vingt mois après son inscription
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L'Algérie quitte la liste grise du Groupe d'action financière. La décision a été actée ce vendredi à Paris, au siège de l'OCDE, vingt mois après l'inscription du pays parmi les juridictions sous surveillance renforcée.
L'Algérie a quitté ce vendredi la liste grise du Groupe d'action financière (GAFI), au terme d'une plénière tenue au siège de l'OCDE à Paris. La décision intervient vingt mois après l'inscription du pays sur cette liste des juridictions sous surveillance renforcée, en octobre 2024.
La délégation algérienne était conduite par le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, accompagné du gouverneur de la Banque d'Algérie, Mohammed Lamine Lebbou. Selon le communiqué de la Banque d'Algérie, cette participation au plus haut niveau de l'État «témoigne de l'importance stratégique qu'accordent les plus hautes autorités du pays aux questions liées à la lutte contre le blanchiment d'argent, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive».
Les délégations présentes à la plénière ont souligné que les résultats obtenus par l'Algérie constituent, selon les termes du communiqué, «une preuve tangible de sa volonté politique, de l'efficacité de ses réformes et de son engagement à se conformer aux normes internationales les plus exigeantes en matière de sécurité financière et de transparence économique».
Le retrait de la liste grise vient sanctionner un cycle de réformes engagé depuis l'inscription du pays en 2024, deuxième occurrence de ce type après un premier passage sur la liste entre 2011 et 2016. L'arsenal législatif a été refondu par la loi 23-01 de février 2023, modifiant le texte fondateur de 2005, puis complété en 2025 par la loi 25-048. La Banque d'Algérie a accompagné ce mouvement par deux règlements successifs, en 2024 et en 2025, imposant aux banques une vigilance renforcée sur la connaissance du client. Le gouverneur Lebbou a signé fin avril l'instruction n°04-2026, qui unifie pour la première fois les procédures de KYC entre banques, établissements financiers et services financiers d'Algérie Poste.
D'autres secteurs ont été mobilisés au fil du plan d'action national 2024-2026, notamment l'immobilier, identifié comme une zone de vulnérabilité particulière, avec l'interdiction progressive des paiements en espèces pour les transactions de logements et de véhicules neufs. La profession des commissaires aux comptes s'est elle aussi engagée, lors de ses assises de décembre 2025, à aligner sa pratique d'audit sur les critères d'évaluation du GAFI.
Les délégations réunies à Paris ont estimé que ce retrait consacre, selon le communiqué de la Banque d'Algérie, «les progrès considérables réalisés par le pays dans le renforcement de son dispositif national de prévention et de lutte contre la criminalité financière», et qu'il «renforce davantage la confiance de la communauté internationale dans la solidité et la résilience du système financier algérien».
L'inscription sur la liste grise avait eu des conséquences concrètes pour les banques algériennes dans leurs transactions internationales, et la Commission européenne s'était alignée sur la classification du GAFI en juin 2025 en ajoutant l'Algérie à sa propre liste des pays à haut risque.
Amine B.



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