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L’universitaire Tahar Ouhachi incarcéré pour « apologie du terrorisme », son avocate alerte sur sa situation

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L’incarcération de l’universitaire Ouhachi Tahar à la prison de Blida, à la suite d’un mandat de dépôt émis le 15 février 2026, suscite une vive émotion dans les milieux académiques et parmi les défenseurs des droits humains. Après lui avoir rendu visite, l’avocate et militante Fetta Sadat alerte sur les conditions de détention de son client, les accusations portées contre lui et les implications plus larges de cette affaire pour les libertés publiques en Algérie.


L’avocate et militante des droits humains Fetta Sadat a rendu publique une déclaration après avoir rendu visite à l’universitaire Tahar Ouhachi , placé en détention provisoire à la prison de Blida depuis le 15 février 2026. L’enseignant-chercheur est poursuivi pour apologie d’actes terroristes via les technologies de l’information ainsi que pour propagation de fausses informations susceptibles de porter atteinte à l’ordre public et à la sécurité publique, selon le mandat de dépôt émis par le juge d’instruction près le tribunal d’El Affroun.


Un chercheur reconnu, spécialisé en histoire antique


Âgé d’une vingtaine d’années de carrière universitaire, Ouhachi Tahar est décrit par son avocate comme un enseignant respecté et un chercheur passionné, particulièrement investi dans l’étude de l’histoire antique et du mouvement national algérien. Il a récemment déposé auprès du comité scientifique de l’université d’Alger une thèse intitulée : « L’histoire romaine dans les pratiques historiographiques en Algérie (1130–1486) ».


Malgré son incarcération, il exprime, selon Me Sadat, une volonté ferme de ne pas voir retardée la soutenance de ce travail auquel il a consacré de nombreuses années.


Un état de santé fragile mais un moral intact


L’incarcération d’un universitaire pour des faits liés à l’expression et à la diffusion d’informations soulève, dans les milieux académiques et associatifs, des interrogations sur la liberté de recherche, la liberté d’expression et l’usage des lois relatives à la sécurité publique.


Fetta Sadat souligne que les conditions de détention sont particulièrement éprouvantes pour son client, diabétique insulino‑dépendant, mais assure qu’il demeure « d’un bon moral, courageux et déterminé ».

L’universitaire a également tenu à transmettre, par l’intermédiaire de son avocate, ses remerciements à toutes les personnes qui lui témoignent leur soutien.


Il confie que ses livres et ses étudiants lui manquent profondément, un manque qui, selon Me Sadat, illustre l’attachement viscéral de l’enseignant à sa vocation académique.


Une affaire qui interroge


L’affaire Ouhachi soulève plusieurs enjeux majeurs qui dépassent son seul cas personnel. D’abord, elle interroge l’usage des accusations d’apologie du terrorisme et de propagation de fausses informations dans un contexte où l’expression publique, la recherche et l’analyse historique peuvent être concernées. La question de la frontière entre sécurité publique et liberté d’expression se retrouve ainsi au cœur du débat.


Elle met également en lumière la fragilité de la liberté académique. L’incarcération d’un enseignant‑chercheur à la veille de la soutenance d’une thèse élaborée pendant des années suscite des inquiétudes quant à la capacité des universitaires à travailler sereinement, sans craindre que leurs travaux ou prises de position ne soient interprétés comme des infractions.


L’état de santé d’Ouhachi Tahar, diabétique insulino‑dépendant, ajoute une dimension humanitaire à l’affaire. Sa détention pose la question du traitement réservé aux détenus vulnérables et du respect de leurs droits fondamentaux, notamment l’accès aux soins.


Enfin, le recours à la détention provisoire pour des faits liés à l’expression publique soulève des interrogations sur la proportionnalité de la mesure et sur les garanties offertes à la défense. La mobilisation de collègues, d’étudiants et de citoyens montre que cette affaire résonne plus largement dans la société, où elle cristallise des préoccupations autour des libertés publiques et du climat judiciaire.


Pour l’heure, aucune date n’a été annoncée pour la suite de la procédure judiciaire. L’avocate affirme qu’elle poursuivra ses démarches pour garantir à son client le respect de ses droits fondamentaux.


Nadia B

 
 
 
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