La bureaucratie algérienne mise à nu : quand le pouvoir constate au lieu d’agir
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Depuis quelques jours, le ministre algérien de l’Agriculture, Yacine-El Mahdi Walid, multiplie les sorties médiatiques où il dénonce notamment la bureaucratie. « On ne peut pas avancer avec la mentalité de “il faut revenir demain” », a-t-il entre autres affirmé lors d’une sortie mardi 03 mars. Le jeune membre du gouvernement algérien fait référence à une pratique très répandue dans l’administration algérienne et qui consiste à demander aux citoyens de revenir le lendemain ou plus tard lorsqu’ils demandent un service ou une prestation dans une administration, alors que la prestation peut se faire sur le moment.
Ce que dit le ministre est tout à fait juste. Le quotidien nous apprend des cas où de simples employés de l’administration peuvent vous rendre la vie dure, infernale. Par un geste mal placé, une parole mal prononcée ou une humeur désagréable, peut vous gâcher une journée. Pire, dans beaucoup de situations, des fonctionnaires aiment voir les usagers souffrir : pour un document ou une virgule, il peut vous faire revenir plusieurs jours de suite pour régler un problème banal. A cela s’ajoutent évidemment les piles de papiers et documents qu’on demande à chaque fois et qui frisent parfois le ridicule : même présents physiquement, certains citoyens doivent se munir d’un… certificat de vie, pour prouver qu’ils sont bien vivants !
Mais cela, tout le monde le connaît. Ce qui est bizarre dans l’attitude du ministre est qu’il se plaint. Comme un citoyen lambda, il semble découvrir qu’on peut bloquer un projet, une initiative, un rêve à cause d’un papier, d’un agent mal-luné. Plus dramatique, c’est que ce constat est fait également par le chef de l’Etat. Abdelmadjid Tebboune lui-même se plaint de la bureaucratie ! Que dire alors du simple citoyen ?
La différence entre un Président, un ministre et un Algérien sans grade, est que les premiers peuvent changer les choses, agir et appuyer sur le bouton pour redresser les torts. Ils peuvent prendre des décisions ou, plus ambitieux encore, modifier le cours des évènements pour renverser la situation. Se contenter des complaintes, des accusations creuses et des constats que n’importe qui peut faire, n’est pas à la hauteur de la mission d’un haut responsable. Son rôle est d’agir et non de se plaindre.
Car, parfois, la bureaucratie ne se limite pas à retarder les affaires des citoyens. Elle peut aussi tuer, puisque des erreurs interviennent dans des hôpitaux, dans le secteur de la justice et d’autres administrations qui détiennent le sort des Algériens. Ce sont ainsi des droits qui sont bafoués, des vies brisées. Et cela est inacceptable !
Essaïd Wakli



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