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Le pape Léon XIV en Algérie : un geste d’ouverture malgré les critiques sur la liberté de culte

  • 25 févr.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 27 févr.

Le Pape Léon XIV se rendra en Algérie du 13 au 15 avril, alors que d’autres chrétiens, notamment les Protestants, font face à de fortes restrictions dans l’exercice de leur culte.


Le Pape Léon XIV effectuera une visite officielle et historique en Algérie entre les 13 et 15 avril prochains, annonce le Vatican dans un communiqué. « C’est avec une grande joie et une grande reconnaissance que nous accueillons l’annonce officielle de la visite du pape Léon XIV en Algérie répondant ainsi à l’invitation des plus hautes autorités du pays. Ce rêve exprimé à plusieurs reprises qu’un pape visite l’Algérie devient réalité ! », a écrit l’Archevêque d’Alger, Jean-Paul Vesco sur ses pages sur les réseaux sociaux.


Le pape Léon XIV vient « bien sûr sur la terre de saint Augustin où il est déjà venu à deux reprises lorsqu’il était supérieur général de l’Ordre de Saint Augustin », a noté encore le chef de l’Eglise catholique d’Algérie. En plus de l’Algérie, le Pape va visiter le Cameroun, la Guinée et l’Angola.


Dans un communiqué, la présidence de la République algérienne s’est félicitée de cette visite et annoncé que le chef de l’Etat a présidé une réunion pour préparer cette visite.


Dans l’avion qui le ramenait du Liban au terme de son premier voyage apostolique, le pape Léon a justifié son désir de venir en Algérie par sa volonté de « poursuivre le dialogue et la construction de ponts entre le monde chrétien et le monde musulman ». En plus d’Alger où il visitera la Basilique de Notre Dame d’Afrique et la Cathédrale du Sacré Cœur, Léon XIV se rendra à la Basilique Saint-Augustin d'Annaba.


Des restrictions en série…

Avant cette visite officielle, le souverain pontife s’était rendu en Algérie à deux reprises lorsqu’il était Cardinal. Il a d’ailleurs affiché son amour pour l’Algérie à différentes occasions. «Je suis américain par mon passeport, mais algérien par mon âme.", a-t-il écrit dans son autobiographie. Annaba ne m'a jamais quitté et je ne l'ai jamais quitté.». Il le répète aussi au moment de son intronisation :

« Je suis fils d'Annaba. Je suis le fils d'Augustin. Je viens d'une terre qui a connu Dieu avant l'empire. »

Cette visite du Pape intervient dans un moment particulier où la tolérance religieuse est extrêmement limitée dans le pays. En dehors des églises catholiques héritées de la période coloniale, aucun autre édifice religieux n’a été érigé. Les adeptes de l’Église protestante, quant à eux, sont presque dans l’impossibilité d’exercer leurs cultes : sur les 48 lieux de prière existants, un seul demeure en activité, au centre de la capitale algérienne. Plus grave encore, les deux principaux responsables de l’Église protestante d’Algérie ont été condamnés à des peines d’emprisonnement, bien qu’ils restent en liberté. Quant aux Juifs, ils sont pratiquement invisibles dans l’espace public depuis plusieurs décennies, malgré l’existence d’une communauté de plus de 1 000 personnes, selon Frédéric Belaïche, représentant des Juifs d’Algérie.


L’Algérie met en avant un cadre constitutionnel qui garantirait la liberté de culte, et le ministre des Affaires religieuses, Youcef Belmehdi, rappelle régulièrement l’existence de textes censés protéger les lieux de prière et encadrer les pratiques des cultes non musulmans. Il souligne également le rôle attribué à la Commission nationale des cultes pour les non‑musulmans, officiellement chargée d’assurer la coordination et la protection de ces communautés. Dans la pratique, toutefois, les restrictions dépassent largement les seules religions minoritaires : certaines expressions de l’islam lui‑même ne bénéficient qu’une tolérance très limitée. Le chiisme, par exemple, est totalement interdit, et plusieurs de ses adeptes ont été placés en détention pour « injure à l’islam ». D’autres groupes religieux sont par ailleurs qualifiés de « sectes » par la justice algérienne, ce qui renforce encore le contrôle exercé sur la diversité des pratiques religieuses dans le pays.


Essaïd Wakli

1 commentaire

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Lili
19 mars
Noté 5 étoiles sur 5.

C'est vraiment très touchant ces gestes d'ouverture de ces deux hommes !

J'espère que cela mènera à plus de fraternité et de dialogue entre les deux peuples en dépit de toutes les turpitudes passées et des endoctrinements qui ont fermé les coeurs. Que Dieu leur vienne en aide et les bénisse !

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