Le pape Léon XIV en Algérie : un geste d’ouverture malgré les critiques sur la liberté de culte
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Le Pape Léon XIV se rendra en Algérie du 13 au 15 avril, alors que d’autres chrétiens, notamment les Protestants, font face à de fortes restrictions dans l’exercice de leur culte.
Le Pape Léon XIV effectuera une visite officielle et historique en Algérie entre les 13 et 15 avril prochains, annonce le Vatican dans un communiqué. « C’est avec une grande joie et une grande reconnaissance que nous accueillons l’annonce officielle de la visite du pape Léon XIV en Algérie répondant ainsi à l’invitation des plus hautes autorités du pays. Ce rêve exprimé à plusieurs reprises qu’un pape visite l’Algérie devient réalité ! », a écrit l’Archevêque d’Alger, Jean-Paul Vesco sur ses pages sur les réseaux sociaux. Le pape Léon XIV vient « bien sûr sur la terre de saint Augustin où il est déjà venu à deux reprises lorsqu’il était supérieur général de l’Ordre de Saint Augustin », a noté encore le chef de l’Eglise catholique d’Algérie. En plus de l’Algérie, le Pape va visiter le Cameroun, la Guinée et l’Angola.
Dans un communiqué, la présidence de la République algérienne s’est félicitée de cette visite et annoncé que le chef de l’Etat a présidé une réunion pour préparer cette visite.
Dans l’avion qui le ramenait du Liban au terme de son premier voyage apostolique, le pape Léon a justifié son désir de venir en Algérie par sa volonté de « poursuivre le dialogue et la construction de ponts entre le monde chrétien et le monde musulman ». En plus d’Alger où il visitera la Basilique de Notre Dame d’Afrique et la Cathédrale du Sacré Cœur, Léon XIV se rendra à Annaba à la basilique Saint-Augustin de Annaba.
Des restrictions en série…
Avant cette visite officielle, le souverain pontife s’était rendu en Algérie à deux reprises lorsqu’il était Cardinal. Il a d’ailleurs affiché son amour pour l’Algérie à différentes occasions. «Je suis américain par mon passeport, mais algérien par mon âme.", a-t-il écrit dans son autobiographie. Annaba ne m'a jamais quitté et je ne l'ai jamais quitté.». Il le répète aussi au moment de son intronisation : « Je suis fils d'Annaba. Je suis le fils d'Augustin. Je viens d'une terre qui a connu Dieu avant l'empire. »
Cette visite du Pape intervient dans un moment particulier où la tolérance religieuse est quasiment inexistante dans le pays. En dehors des églises catholiques héritées de la période coloniale, aucun autre édifice religieux n’a été érigé. Puis, les adeptes de l’église protestante sont quasiment dans l’incapacité d’exercer leurs cultes. Sur les 48 lieux de prière existants, un seul est en fonction, au centre de la capitale algérienne. Pire, les deux principaux responsables de l’Eglise protestante d’Algérie sont condamnés à des peines d’emprisonnement (ils sont laissés en liberté). Cela sans parler des Juifs qui sont quasiment invisibilisés dans le pays depuis plusieurs décennies malgré l’existence d’une communauté de plus de 1000 individus, selon Frédéric Belaïche, représentant des Juifs d’Algérie.
En plus des cultes non-musulmans, les autres pratiques musulmanes sont à peine tolérées, en plus de l’interdiction totale du chiisme, dont certains adeptes ont été mis en détention pour « injure à l’islam ». Certains groupes sont même considérés comme « des sectes » par la justice algérienne.
Essaïd Wakli



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