Le vote qui n’a pas eu lieu : Rehabi dénonce l’effondrement de la confiance citoyenne
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Avec 20,79 % de participation, les législatives du 2 juillet n'ont pas seulement battu un record d'abstention. Pour Abdelaziz Rehabi, elles signent l'échec d'un système à convaincre son propre peuple qu'il vaut la peine de voter.
« Le taux de participation aux législatives déclaré est probablement le plus faible depuis l'indépendance de l'Algérie. » C'est le constat que dresse Abdelaziz Rehabi, ancien ministre de la Communication et diplomate, au lendemain du scrutin du 2 juillet.
Selon les chiffres provisoires communiqués par l'Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), le taux de participation aux législatives s'est établi à 20,79 %. Un niveau qui, s'il est confirmé, constituerait le plus bas jamais enregistré depuis l'instauration du multipartisme, en deçà même des 23 % de 2021, qui détenaient jusque-là ce triste record. Sur près de 25 millions d'électeurs appelés aux urnes pour renouveler les 407 sièges de l'Assemblée populaire nationale, un peu moins de 5 millions se sont déplacés. Le scrutin s'est en outre déroulé sur fond de controverse, environ un tiers des listes de candidats ayant été invalidées, ce que plusieurs partis politiques ont dénoncé comme une exclusion visant la capitale en particulier.
Pour Abdelaziz Rehabi, ce chiffre est avant tout l'expression d'une incapacité à arrêter ou à inverser un processus, long de plusieurs décennies, d'effritement de la confiance du peuple dans des institutions destinées à le représenter, à défendre ses intérêts à travers les lois et à contrôler l'action du gouvernement. Il juge cette désaffection prévisible, en raison de l'absence programmée de vie politique partisane, du bâillonnement de la presse et de la dévitalisation de la société civile.
En contrepartie, note-t-il, la société connaît une mobilisation démesurée autour des questions d'approvisionnement, devenues la principale variable d'ajustement de la politique gouvernementale. Les réseaux sociaux, de leur côté, ont consolidé leur influence et se sont substitués aux acteurs politiques, sans pour autant en être de véritables relais.
Rehabi insiste sur le rôle que devraient jouer les partis politiques dans ce contexte. Ils ne doivent pas être réduits à la fonction d'outils électoraux, mais considérés comme de véritables partenaires et des acteurs institutionnels indispensables à la mobilisation de la société, car ils sont par nature des espaces d'expression, de formation et de sensibilisation, au même titre que les syndicats et la presse. Sans eux, affirme-t-il, aucune Nation ne sera en mesure de s'élever à la hauteur de ses ambitions.
Il appelle enfin à ne pas réduire ce phénomène à des chiffres. Il s'agit, selon lui, de la neutralisation des principaux leviers sociaux et politiques de mobilisation dont dispose l'État pour sa cohésion interne et face aux menaces extérieures, une dynamique qu'il observe également ailleurs dans le monde.
Ce scrutin s'inscrit dans la continuité d'une érosion de la participation électorale amorcée après le mouvement de contestation populaire du Hirak, né en février 2019 et qui avait conduit à la démission du président Abdelaziz Bouteflika. Depuis, la mobilisation électorale n'a cessé de reculer, de 42,9 % en 2012, à 23 % en 2021, puis à moins de 21 % en 2026. Les résultats définitifs doivent être proclamés par la Cour constitutionnelle dans les prochains jours.
Amine B.



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