Loi de finances 2026 : un tournant économique aux répercussions politiques incertaines
- cfda47
- il y a 3 jours
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La loi de finances 2026, entrée en vigueur le 1er janvier, marque un tournant économique majeur pour l’Algérie. Publiée au Journal officiel le 31 décembre 2025, elle introduit une série de mesures qui touchent directement le quotidien des citoyens, notamment par une hausse des prix des carburants, l’instauration de nouvelles taxes et des ajustements concernant l’importation de véhicules. Le gouvernement justifie ces décisions par la nécessité de réduire la pression sur le budget de l’État et de diversifier les sources de revenus, alors que les dépenses publiques atteignent un niveau record pour l’année 2026.
Parmi les mesures les plus commentées figure l’augmentation des prix des carburants, inscrite dans une stratégie progressive de réduction des subventions. Cette décision suscite de vives réactions, car elle entraîne mécaniquement une hausse des coûts de transport et, par ricochet, des produits de consommation courante. Les nouvelles taxes introduites dans plusieurs secteurs économiques alimentent également les inquiétudes, certains y voyant un alourdissement du fardeau fiscal pour les ménages et les entreprises.
En parallèle, la loi prévoit des facilitations pour l’importation de véhicules, un marché longtemps paralysé. La simplification des procédures de dédouanement et l’ajustement des modalités fiscales sont accueillis avec prudence mais aussi avec espoir par une population confrontée depuis des années à une pénurie de voitures neuves et à une flambée des prix sur le marché de l’occasion.
Avec un budget qui atteint 17 636 milliards de dinars de dépenses pour 8 009 milliards de recettes, le plus élevé jamais adopté par l’Algérie, cette loi de finances reflète les ambitions du gouvernement mais aussi les défis économiques auxquels le pays est confronté. Dans la rue comme sur les réseaux sociaux, les réactions oscillent entre inquiétude, scepticisme et attente prudente, alors que les Algériens mesurent l’impact concret de ces nouvelles mesures sur leur pouvoir d’achat et leur quotidien.
Une réforme budgétaire ambitieuse qui met le pouvoir face au risque d’un mécontentement social durable:
L’adoption de la loi de finances 2026 ouvre une nouvelle séquence politique en Algérie, tant par l’ampleur des mesures économiques qu’elle impose que par les réactions qu’elle suscite dans la société.
La hausse des prix des carburants, combinée à l’introduction de nouvelles taxes, risque d’éroder davantage la confiance entre l’État et les citoyens, déjà fragilisée par des années de tensions sociales et de défiance envers les institutions. Dans un pays où le pouvoir d’achat constitue l’une des préoccupations majeures, ces décisions pourraient raviver les frustrations populaires et alimenter un mécontentement diffus, difficile à canaliser politiquement.
Sur le plan institutionnel, cette loi met en lumière la volonté du gouvernement de poursuivre une stratégie de réformes budgétaires ambitieuses, mais potentiellement impopulaires. Elle pourrait renforcer les critiques des partis d’opposition et des acteurs de la société civile, qui y voient un risque d’aggravation des inégalités et une absence de vision sociale claire. Le pouvoir, de son côté, mise sur la nécessité de moderniser l’économie et de réduire la dépendance aux hydrocarbures, mais il devra composer avec une opinion publique sensible à toute mesure perçue comme une dégradation du niveau de vie.
Enfin, les facilités accordées à l’importation de véhicules, bien accueillies par une partie de la population, pourraient servir de soupape politique, mais elles ne suffiront probablement pas à compenser l’impact des hausses de prix. En somme, la loi de finances 2026 place le gouvernement face à un défi délicat : mener des réformes structurelles tout en préservant la stabilité sociale, dans un contexte où chaque décision économique peut rapidement se transformer en enjeu politique majeur.
Yacine M