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Législatives : l’Algérie dispose d’une Assemblée (presque) sans femmes

  • il y a 1 heure
  • 3 min de lecture

Quatre jours après l’élection législative de jeudi 02 juillet, l’Autorité nationale indépendante des élections a rendu « les résultats ». En plus de la forte abstention enregistrée, il n’y a pas de grande surprise à tirer de ce scrutin.


A première vue, le plus grand raté de cette élection a été la représentation féminine. Si la loi oblige les partis politiques et autres listes à présenter au moins nu tiers des femmes, seules 23 d’entre elles siègeront à la chambre basse du parlement. C’est 6% des députés algériens, un chiffre largement inférieur aux législatures précédentes. C’est le résultat direct de la minoration des candidatures féminines lors de cette élection. Il est vrai que le conservatisme qui règne dans la société n’incite pas forcément les femmes à investir l’arène politique, poussant beaucoup de partis politiques et de listes indépendantes à les mettre dans des positions de figurantes pour respecter l’obligation d’en mettre un tiers dans leurs castings. Mais les partis n’ont pas fait forcément les efforts nécessaires à mettre les candidates dans des positions qui leur permettraient de se faire élire. Elles étaient simplement invisibilisées sur les affiches électorales. Cela a atteint son paroxysme avec le floutage des visages de certaines candidates ! A cela s'ajoute l'élimination de certaines candidates au profil politique par l'ANIE.


Pour le reste, en suivant les données chiffrées fournies par Karim Khelfane, le président par intérim de l’ANIE, on se rend compte que la carte politique de la chambre basse du parlement n'a pas beaucoup évolué. Les partis du pouvoir gardent ainsi une majorité confortable de 222 députés sur les 207 que l’Assemblée populaire nationale. A ce nombre s’ajoute celui de nombreux autres petits partis qui soutiennent le gouvernement, ce qui met l’Exécutif à l’abri de toute possibilité de mauvaise surprise. Avec 90 députés, le FLN, quoique affaibli par les coups provenant de ses propres rangs et d’autres parties, garde sa première place de premier groupe parlementaire, suivi comme c’est le cas depuis une vingtaine d’années, par le RND, qui perd lui aussi des plumes.


Chez la mouvance islamiste, la puissance électorale reste à peu près la même : une soixantaine de députés que se partagent surtout le Mouvement de la société pour la Paix (MSP), qui reste le premier parti de cette tendance, Ennada, le FJD et d’autres formations qui disposent, chacune d’un député ou deux tout au plus.


Chez les partis de la mouvance démocratique, le recul est plus visible. Pour une première participation après une décennie d’absence, le FFS, le RCD, le PT, Jil Jadid et d’autres partis ou listes indépendantes ont pu obtenir juste une maigre moisson. Le parti de Youcef Aouchiche, qui se dit pourtant national, n’a gagné que douze sièges, essentiellement en Kabylie, ce qui ouvre la porte à une nouvelle crise interne. Le RCD dispose de 4 députés, tous élus à Tizi-Ouzou et Béjaia, le PT et Jil Jadid de 3 chacun. A ces élus partisans s’ajoutent quelques dissidents, particulièrement à Tizi-Ouzou et Béjaia. En tout, cette mouvance comptera une vingtaine de députés et sans une alliance entre ces partis politiques, ils ne pourront pas constituer un groupe parlementaire.


L’autre leçon à tirer de ce scrutin est sans doute l’émiettement des députés. Ainsi, plus du quart des membres de l’APN seront issus de partis politiques ou de listes indépendantes qui ont « réussi » à placer uniquement 1 à 2 candidats. Certains intègrent certainement le groupe des Indépendants -qui compte 32 membres- tandis que d’autres vont faire partie de groupes parlementaires autres que ceux de leur formation d’origine.


A tout cela s’ajoute évidemment la problématique de la participation. Quelle légitimité aura ainsi un parlement élu avec seulement 20% des suffrages exprimés (vote à l’intérieur du pays et diaspora) ? Surtout, il s’agit de savoir quelle leçon sera tirée du plus de 1 million des bulletins nuls. Des leçons seront tirées pour améliorer la situation à l’avenir.


Essaïd Wakli

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