Maroc - Algérie : l'entrée interdite aux Algériens non-résidents, nouveau verrou dans une crise sans fin

Depuis mercredi 16 septembre 2026, le Maroc refuse l'entrée sur son territoire à tout ressortissant algérien dépourvu d'une carte de séjour marocaine en cours de validité. La directive, transmise sans annonce officielle aux compagnies aériennes desservant l'Algérie, marque un nouveau durcissement dans la relation déjà glaciale entre Rabat et Alger.
La mesure a été communiquée directement aux transporteurs par la police des frontières marocaine, sans passer par un communiqué public des autorités du royaume. Selon TSA-Algérie, qui cite le quotidien El Hayet, les compagnies ont reçu l'instruction de filtrer systématiquement les passagers algériens avant l'embarquement, sous peine de sanctions financières en cas de refoulement à l'arrivée au Maroc.
Air France a été la première à mettre en œuvre ce filtrage, dès les aéroports d'Alger et d'Oran. La compagnie a activé son système de gestion des passagers ALTEA, développé par Amadeus, pour repérer automatiquement les voyageurs de nationalité algérienne. Le personnel au sol a reçu pour consigne de vérifier la présence d'une carte de séjour marocaine valide avant toute délivrance de carte d'embarquement. Dans un message adressé à ses équipes, la compagnie française a précisé que cette exigence lui était dictée par les autorités frontalières marocaines, et non par une décision commerciale interne. Les passagers ne pouvant justifier d'un titre de séjour se voient donc refuser l'accès à bord, quelle que soit leur destination finale une fois au Maroc.
Ce nouveau verrou administratif ne surgit pas de nulle part. Depuis la Coupe d'Afrique des nations 2025 organisée au Maroc, les autorités du royaume ont multiplié les mesures restrictives visant les voyageurs algériens. La tension s'est encore accentuée après les événements de Ceuta fin juillet 2026. Il faut rappeler que les deux pays n'entretiennent plus de liaisons aériennes directes depuis qu'Alger a fermé son espace aérien aux compagnies marocaines. Les Algériens souhaitant se rendre au Maroc doivent donc transiter par un pays tiers, la France ou la Tunisie étant les correspondances les plus utilisées. Cette nouvelle interdiction complique encore davantage un parcours déjà semé d'embûches.
La frontière terrestre entre les deux pays reste par ailleurs fermée depuis 2021, année qui a également vu Alger rompre ses relations diplomatiques avec Rabat. Le contentieux autour du Sahara occidental demeure le nœud central de cette brouille de longue date, mais les derniers développements témoignent d'une dégradation qui s'étend désormais clairement à la mobilité des civils.
À ce stade, ni Alger ni Rabat n'ont produit de communiqué officiel confirmant ou commentant publiquement cette interdiction. Le silence des autorités marocaines interroge d'autant plus que la mesure a des conséquences concrètes et immédiates pour des milliers de voyageurs, qu'il s'agisse de familles séparées par la fermeture de la frontière terrestre ou de binationaux ayant des attaches professionnelles ou personnelles au Maroc. Plusieurs médias algériens rapportent une vive inquiétude parmi les Algériens de la diaspora, notamment ceux résidant en France. Les observateurs redoutent que cette nouvelle restriction ne soit pas une mesure ponctuelle liée à un pic de tension, mais bien une politique durable, s'ajoutant à la liste déjà longue des dossiers de rupture entre les deux capitales.
Nadia B



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