Modernisation urbaine en Algérie : entre ambitions affichées et réalités contrariées
- cfda47
- 21 sept. 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 23 sept. 2025

Le gouvernement algérien a annoncé le lancement de 224 projets d’équipements publics dans 53 wilayas, visant à améliorer l’environnement urbain, soutenir les artisans locaux et moderniser les services consulaires. Si l’initiative semble prometteuse sur le papier, plusieurs voix s’élèvent pour interroger sa faisabilité, sa cohérence territoriale et son impact réel sur les citoyens.
Le gouvernement algérien a lancé une série de projets structurants visant à moderniser les villes, soutenir les artisans locaux et améliorer les services consulaires. Lors d’une réunion présidée par le ministre Mohamed Tarek Belaribi, il a été annoncé le lancement de 224 projets d’équipements publics, répartis sur 53 wilayas. Ces chantiers visent à améliorer la qualité de vie des citoyens tout en valorisant le patrimoine architectural et écologique.
« L’urbanisme n’est pas qu’une affaire de béton. C’est une vision du vivre-ensemble, de la dignité et de l’avenir », a déclaré un urbaniste impliqué dans le projet de réhabilitation de la Casbah.
Une urbanisation à double vitesse
La réhabilitation de la Casbah d’Alger, la création d’espaces verts et la lutte contre la pollution sont autant de mesures saluées par les urbanistes. Mais sur le terrain, les retards chroniques, les appels d’offres opaques et l’absence de concertation avec les habitants fragilisent la légitimité du projet.
« On parle de modernisation, mais les quartiers populaires restent les grands oubliés. Où sont les plans pour Bab El Oued, Belcourt ou les cités de Tiaret ? », déplore une architecte engagée.
Artisanat : entre valorisation et instrumentalisation
L’interdiction d’importer certains matériaux de construction est présentée comme un soutien aux artisans. Pourtant, plusieurs professionnels dénoncent une mesure précipitée, sans accompagnement technique ni financement adapté.
Les filières artisanales souffrent d’un manque de structuration. Les jeunes artisans peinent à accéder aux marchés publics. L’absence de formation continue freine l’innovation.
« On nous demande de produire local, mais avec quels outils, quelles garanties, quels débouchés ? », s’interroge un maître maçon.
Services consulaires : une modernisation à géométrie variable
La numérisation des services consulaires est censée faciliter la vie des Algériens de l’étranger. Mais les témoignages de la diaspora révèlent une autre réalité.
Sites web obsolètes ou inaccessibles. Démarches en ligne incomplètes ou non reconnues. Manque de personnel formé dans les consulats.
« On nous parle de simplification, mais renouveler un passeport reste un parcours du combattant », témoigne une citoyenne algérienne résidant à Lyon.
Une stratégie sans vision globale ?
Ces projets, bien que nombreux, semblent souffrir d’un manque de coordination intersectorielle. L’absence de transparence budgétaire, de mécanismes d’évaluation et de participation citoyenne interroge sur leur portée réelle.
Où sont les indicateurs de suivi ?
Quelle articulation avec les plans de développement local ?
Quelle place pour les associations, les syndicats, les universitaires ?
La modernisation urbaine ne peut se réduire à une série d’annonces techniques. Elle exige une vision inclusive, transparente et ancrée dans les réalités sociales. Sans cela, les projets risquent de devenir des vitrines sans fond, incapables de répondre aux aspirations profondes des citoyens.
Nadia B



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