Mohamed Babandjar : le cri d’un père face à l’injustice et à la négligence médicale
- cfda47
- 18 nov. 2025
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Dans une lettre ouverte et émouvante, le citoyen Bachir Babandjar a appelé le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, à intervenir de toute urgence pour sauver la vie de son fils, le prisonnier Mohamed Babandjar, détenu depuis octobre 2005 et souffrant d’un état de santé critique en prison en raison de ce que son père décrit comme un « négligence médicale ».
Mohamed Babandjar, issu de la minorité mozabite de Ghardaïa, est le plus ancien prisonnier politique en Algérie. Il purge une peine de réclusion à perpétuité dans une affaire qualifiée par des organisations de défense des droits humains d’arbitraire et d’injuste.
La lettre, empreinte de la douleur d’un père, révèle la dégradation de l’état de santé de son fils à cause d’une obstruction des artères coronaires. Il a reçu un traitement initial à l’hôpital universitaire de Beni Messous avant d’être renvoyé à la prison de Koléa, sans suivi médical sérieux.
Les médecins avaient recommandé un régime alimentaire spécifique, des examens réguliers et la fourniture des médicaments nécessaires aux frais de l’État. Or, selon la lettre, l’administration pénitentiaire n’a satisfait à aucune de ces exigences, obligeant la famille à acheter les médicaments à l’extérieur, en l’absence de toute prise en charge médicale sérieuse. Cette négligence a aggravé son état, provoquant des douleurs aux reins et rendant sa situation extrêmement critique.
Face à cette situation, le prisonnier a annoncé son intention d’entamer une grève de la faim à partir du 23 novembre 2025, pour protester contre ce qu’il qualifie d’injustice et de négligence, et pour faire entendre sa voix auprès de la plus haute autorité du pays.
Son père demande une prise en charge médicale urgente et régulière, la fourniture du régime alimentaire et des médicaments indispensables, une révision de son dossier et sa libération après de longues années de souffrance, ainsi que la création d’une commission d’enquête sur les conditions de négligence médicale dans l’établissement pénitentiaire.
La lettre se conclut par un appel humanitaire au nom de la justice et de la dignité, exhortant le président de la République à intervenir rapidement avant que l’état du prisonnier ne s’aggrave davantage, dans une affaire qui remet sur le devant de la scène la question des soins de santé dans les prisons algériennes et la responsabilité de l’État dans la protection du droit des détenus aux soins et à une vie digne.
Mohamed Babandjar est emprisonné depuis 2005 pour une accusation criminelle liée aux événements de Ghardaïa. Mais des organisations nationales et internationales de défense des droits humains considèrent sa détention comme arbitraire et réclament sa libération. Sa famille et ses avocats affirment que son procès a été entaché de violations juridiques et que le jugement était injuste, faute de garanties d’un procès équitable.
En avril 2023, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a rendu une décision demandant à l’Algérie de le libérer immédiatement, estimant que son incarcération est contraire à la Déclaration universelle des droits de l’homme et au Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Yacine M



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