Mort subite en série : la crise silencieuse qui frappe les médecins résidents en Algérie
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Lundi 13 juillet, une jeune médecin travaillant au Centre hospitalo-universitaire de Bab-El-Oued, à Alger, est morte subitement chez elle. Elle s’ajoute à d’autres médecins décédés de manière mystérieuse ces derniers mois, poussant les autorités à réagir sans vraiment proposer des solutions.
Les démentis de l’administration du CHU de Bab-El-Oued qui avance que le décès de la jeune femme n’a toujours pas d’explication, n’ont pas fait tomber la polémique née ces dernières semaines après une succession de morts subites parmi les médecins résidents, ces étudiants en médecine qui sont en cours de spécialisation suivant une formation pratique dans les établissements de santé publique. En juin, une dame de 31 ans travaillant à l’hôpital de Bainem a fait un arrêt cardiaque suite à des pressions subies de la part de sa supérieure hiérarchique. Pire, son mari évoque des heures de garde à rallonge et des menaces de sanctions. Puis, à Bouira, un jeune médecin est mort subitement après 36 heures de garde au lieu de 24. Le 03 juillet, un résident en neurochirurgie à l’hôpital de Blida, âgé de 25 ans, est également décédé dans les mêmes conditions que les précédents. Au moins 6 cas de mort subite ont été recensés parmi les médecins résidents entre le mois de juin et juillet dans le pays.
Des témoignages anonymes de médecins, publiés sur les réseaux sociaux, laissent entendre que ces fonctionnaires travaillent beaucoup plus qu’il n’en faut. « J’ai fait comprendre à mon chef de service que la durée de mon travail est illégale. Il a été attentif. Malheureusement, d’autres collègues m’ont dit que je n’avais pas le choix puisque cela a toujours été comme ça », écrit un médecin. Une autre tente de donner des explications encore plus rationnelles à cette situation. Elle évoque du « harcèlement » hiérarchique, une désorganisation des services et une pression accrue exercée sur les praticiens. Elle met en cause également un comportement « narcissique » des responsables administratifs des hôpitaux.
Face à cette situation, le ministère de la Santé a envoyé une nouvelle instruction aux responsables locaux du secteur les incitant à respecter les temps réglementaires de travail et de garde pour les médecins résidents. « La correspondance du ministère de tutelle ne fait que reprendre un cadre réglementaire en vigueur depuis des années ; les solutions proposées sont loin d'offrir une approche globale et approfondie pour s'attaquer aux causes profondes des décès subits frappant le personnel médical et paramédical des établissements de santé publics. Nous attendons du ministre de la Santé qu'il intervienne de toute urgence et engage un dialogue approfondi avec les syndicats professionnels — un dialogue ouvert à l'examen des divers facteurs à l'origine de ces cas de décès subits au sein du secteur », réplique Lyès Merabet, président du syndicat national des praticiens de la Santé publique.
Cette situation, très peu connue du grand public, fait partie des raisons qui poussent les médecins à quitter le service public et parfois partir à l’étranger pour les plus chanceux. Cela impacte évidemment la qualité des soins prodigués aux malades algériens !
Essaïd Wakli



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