Pressions, menaces et censure : « Twala » dénonce l’ingérence sécuritaire dans la gestion de la presse algérienne
- cfda47
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Dans un long communiqué rendu public lundi 19 janvier, le site d’Information Twala dénonce le contrat qui le lie à l’Agence nationale de l’édition (ANEP) et révèle de graves dérapages dans la gestion de la presse algérienne.
Pour les faits, le communiqué de Twala indique qu’un accord avait été signé entre la publication, spécialisée dans les enquêtes, et la régie étatique en juillet 2025. Mais, brutalement, l’ANEP a mis fin, de manière unilatérale, à l’envoi d’encarts publicitaires au journal en septembre de la même année à cause de la publication d’un article mettant en cause la communication du ministère de la Défense nationale.
La DGSI, nouvel arbitre de la presse algérienne ?
Il y a plus grave : la notification de la suspension des publications de la publicité étatique n’a pas été l’œuvre de l’ANEP, mais des services de la Direction générale de sécurité intérieure (DGSI). La méthode est « préoccupante au regard des usages professionnels et des principes élémentaires de transparence », dénonce Twala.
Au-delà de la suspension de la publicité étatique, utilisée comme arme contre les médias qui veulent encore garder un brin d’autonomie, ce communiqué met en lumière une pratique très utilisée ces dernières années, mais tue jusque-là : l’immixtion directe de la DGSI dans la gestion des médias. Le fait est connu depuis longtemps ; mais il a été rarement rendu public et surtout, il n’avait pas l’ampleur qu’il a pris ces derniers temps.
Quand la DGSI s’immisce dans les médias
En novembre dernier, Ihsane El-Kadi, fondateur des journaux électroniques MaghrebEmergent et RadioM racontait, que la DGSI l’avait sommé de se taire et que c’était pour cela qu’il avait accepté de devenir « un demi-citoyen » durant une année, c’est-à-dire depuis sa libération en novembre 2024.
D’autres journalistes, responsables politiques, universitaires et de simples activistes témoignent également du même comportement. Tous racontent le même procédé : les services de sécurité donnent quasiment le même argument à chaque fois. Ils tentent de jouer sur les peurs, sur « les dangers qui menacent notre pays » pour dissuader les personnes concernées de s’exprimer publiquement.
Si la consigne n'est pas suivie, la « dissuasion » devient une menace qui peut, parfois, aller vers l’emprisonnement. Ce qui s’est passé pour Ihsane El-Kadi, averti à plusieurs reprises, avant d’être incarcéré en 2023 suite à un article sur les relations problématiques entre l’armée et le chef de l’Etat.
En plus de cette pression sécuritaire, d’autres institutions de l’Etat interfèrent directement dans le travail des journalistes. C’est surtout le cas de la direction de la Communication de la présidence de la République.
Essaïd Wakli



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