top of page

Procès en appel de Mustapha Bendjama : “Je n'ai pas pu m'exprimer pleinement”

  • 26 févr.
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 27 févr.

Le parquet général a requis deux ans de prison ferme contre le journaliste Mustapha Bendjama lors de son procès en appel devant la Cour de justice d'Annaba. Le verdict est attendu le 4 mars prochain.  


Mustapha Bendjama, journaliste et ancien rédacteur en chef du quotidien régional Le Provincial, comparaissait en appel devant la Cour de justice d'Annaba. Il est poursuivi en vertu des articles 96 et 196 bis 1 du Code pénal pour “mise à la disposition du public de publications susceptibles de porter atteinte à l'intérêt national” et “diffusion d'informations fausses ou tendancieuses de nature à porter atteinte à la sécurité ou à l'ordre publics”. Ces dispositions du Code pénal sont régulièrement invoquées dans des affaires impliquant des journalistes et des militants.  


À l'issue de l'audience, le parquet général a requis une peine de deux ans de prison ferme assortie d'une amende. Le représentant du Trésor public a pour sa part réclamé 100 millions de centimes de dédommagement pour “le préjudice supposé causé à l'État”.  


Trois interruptions en une audience  

Hors mis les réquisitions, c'est le déroulement de l'audience que Bendjama a tenu à rendre public via son compte Facebook. Il décrit une audience fragmentée en quatre séquences distinctes, marquée par trois interruptions successives.  


La première est intervenue alors que le journaliste tentait de répondre à une question de la juge. “Celle-ci a suspendu l'audience afin d'examiner une autre affaire en visioconférence”, écrit-il, tout en reconnaissant que cela “peut s'expliquer par les difficultés connues pour établir la liaison avec certains établissements pénitentiaires”.  


La deuxième interruption a opposé la juge à son avocat, Me Saïd Zahi : “un incident d'audience est survenu lorsque la juge a tenté d'empêcher mon avocat de plaider comme il l'entendait et l'audience a été levée”. La troisième est survenue quelques minutes après la reprise, impliquant cette fois le représentant du parquet général : selon Bendjama, celui-ci “a interrompu la plaidoirie de Me Zahi, tentant de le déconcentrer et d'empêcher la défense d'aller au bout de son raisonnement”.  


Des réserves sur les conditions du procès  

Le journaliste tire un bilan direct de cette séquence : “Cette fragmentation a entraîné une perte de concentration et une rupture dans la continuité des faits et des arguments. Je n'ai pas pu m'exprimer pleinement sur l'ensemble des accusations portées contre moi”. Il évoque également “une pression psychologique manifeste” liée à l'atmosphère générale de l'audience.  


“Je me permets d'exprimer mes réserves quant à la réunion des conditions nécessaires à la tenue d'un procès juste et équitable”, conclut-il. Le verdict sera rendu le 4 mars prochain.  


Amine B.  


Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page