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Revenir chez soi, mais à quel prix ? Le cas Aghour Mehenni

  • cfda47
  • il y a 13 minutes
  • 2 min de lecture

Quelques semaines après avoir annoncé publiquement son retrait du projet politique de son père, Aghour Mehenni, fils du chef du mouvement séparatiste « MAK », organisation classée terroriste en Algérie, a effectué un retour discret mais très commenté dans son pays natal. Une visite qu’il présente comme « strictement personnelle », loin de toute démarche politique, motivée uniquement par un besoin intime : renouer avec une terre qu’il dit n’avoir jamais oubliée.


En tant que citoyen algérien, Aghour Mehenni avait pleinement le droit juridique et constitutionnel d’entrer dans son pays, sans condition ni négociation. C’est justement ce décalage entre le droit et la réalité politique qui donne du poids à son histoire. Parti d’Algérie à l’âge de neuf ans, Aghour avait continué à y revenir chaque été jusqu’à ses seize ans. Puis les voyages se sont espacés, avant de s’interrompre presque totalement. Sa dernière visite remontait à 2018. « L’Algérie ne m’a jamais quitté, même quand je ne pouvais plus y revenir », confie-t-il.


Pour de nombreux Algériens critiques du pouvoir actuel, ce retour sous conditions illustre une dérive plus large. Selon eux, ce qu’ils appellent “l’Algérie nouvelle” du président Abdelmadjid Tebboune aurait, paradoxalement, privé l’Algérie indépendante d’une partie de ses propres enfants, empêchés de revenir librement ou contraints de négocier leur présence sur le territoire national.


Un retour négocié ?


Selon plusieurs sources proches du dossier, son passage récent sur la télévision publique algérienne n’aurait rien d’anodin. Il aurait constitué la condition implicite — voire explicite — posée par les autorités pour autoriser son retour sur le territoire national. Une sorte de marché : apparaître dans un programme officiel, tenir un discours jugé acceptable, et en échange, obtenir la possibilité de fouler à nouveau le sol de son pays.


Aghour Mehenni, ne confirme pas ouvertement cette version, mais ne la dément pas non plus. Il se contente d’évoquer « un contexte particulier » et « des discussions nécessaires » pour rendre ce voyage possible.


Une semaine pour renouer avec un pays entier


Durant son séjour, il a parcouru Alger, son village natal en Kabylie et Tipaza. Un itinéraire dense, presque symbolique, qu’il décrit comme une expérience étonnamment homogène :


« Je ne me sentais pas mieux ici ou là, c’était la même chose partout », raconte-t-il. Partout, pourtant, une phrase revenait, simple, chaleureuse, presque bouleversante : « Bienvenue chez toi. »


Pour lui, cette répétition a eu valeur de révélation. « J’ai compris que, malgré tout ce qui s’est passé, malgré les années, malgré les tensions politiques, les gens me voyaient d’abord comme un enfant du pays. »


Entre mémoire, politique et non-dits


Si Aghour Mehenni insiste sur le caractère personnel de sa visite, son retour soulève inévitablement des questions politiques. Son éloignement du projet de son père, son apparition sur la chaîne publique, et les conditions entourant son voyage alimentent les spéculations. Reste que, pour lui, l’essentiel était ailleurs : « Je voulais juste revoir mon pays. Rien de plus. »


Un message simple, presque apolitique, mais qui, dans le contexte algérien, ne peut qu’être lu à plusieurs niveaux.


Yacine M

 
 
 
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