Sahara occidental : Alger se dit prête à jouer les médiateurs
- cfda47
- 18 nov. 2025
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Dernière mise à jour : 19 nov. 2025

Alger se dit prête à appuyer une médiation entre le Maroc et le Polisario, mais uniquement sous l’égide de l’ONU et dans le respect du droit à l’autodétermination.
L’Algérie avance prudemment ses pions diplomatiques. En commentant l’adoption de la résolution 2797 sur le Sahara occidental, le ministre algérien des affaires étrangères, Ahmed Attaf, a affirmé ce mardi lors d'une conférence de presse tenue au siège du ministère que l’Algérie était disposée à soutenir une médiation entre le Maroc et le Front Polisario, à condition stricte que toute initiative reste intégralement inscrite dans le cadre des Nations unies. Pour Alger, il ne peut être question d’un rôle parallèle ou d’un mécanisme contournant les paramètres internationaux qui gouvernent ce dossier depuis près d’un demi-siècle.
Le ministre a tenu à répondre aux analyses affirmant que la question du Sahara occidental serait “réglée” ou “dépassée”. Selon lui, cette rhétorique revient à chaque échéance onusienne et ne reflète en rien la réalité institutionnelle. Le dossier demeure pleinement traité par l’Assemblée générale, le Conseil de sécurité et le comité spécial de décolonisation. Attaf rappelle que le Conseil de sécurité n’a jamais entériné la souveraineté revendiquée par Rabat, pas plus qu’il n’a adopté la position marocaine comme socle exclusif d’un futur accord.
Il souligne également que le Conseil ne s’est prononcé ni sur la nature des négociations ni sur leur résultat final, laissant ces deux éléments à la seule appréciation du Maroc et du Polisario. Pour Alger, cette absence de cadrage imposé est fondamentale : elle maintient intact l’équilibre issu du droit international et confirme que le litige demeure une question de décolonisation.
Dans son analyse, Attaf affirme que la nouvelle résolution ne modifie aucune des constantes du processus onusien. Le dossier reste sous la responsabilité exclusive des Nations unies. Les négociations directes entre les deux protagonistes demeurent une exigence centrale. Le règlement final doit être élaboré et accepté par les deux parties, sans solution préécrite. Et ce règlement, insiste-t-il, doit permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination, point que la résolution rappelle de manière explicite.
Le ministre estime aussi que le texte adopté renforce la marge de manœuvre du Polisario, notamment grâce au renouvellement du mandat de la Minurso, chargé d’organiser un référendum, et au fait que le Conseil n’a consacré aucune vision unique du règlement politique. La résolution ne préjuge pas davantage de l’issue des discussions, laissant ouverte la totalité du champ des possibles.
Sophie K.



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