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Selon une enquête: L’UE accusée de financer l’abandon de migrants dans le Sahara


Selon une enquête menée par des médias internationaux et le collectif de journalistes Lighthouse Reports, l’Europe contribue financièrement à l’abandon chaque année de « dizaines de milliers de personnes noires dans le désert ». L'enquête dénonce « un système de déplacement de masse » qu’endurent les migrants dans le Sahara, le tout financé par les fonds européens.


L’étude révèle comment l'Europe «soutient, finance et participe» à des «opérations clandestines» pour abandonner chaque année «des dizaines de milliers de personnes noires dans le désert». Cette enquête de plusieurs mois a été menée par des médias internationaux dont Le Monde et le Washington Post avec le collectif de journalistes Lighthouse Reports.


Elle révèle comment «l'Europe soutient, finance et participe directement à des opérations clandestines menées dans les pays d'Afrique du Nord pour abandonner chaque année des dizaines de milliers de personnes noires dans le désert ou dans des régions reculées afin de les empêcher de venir dans l'UE». Elle décrit un «système de déplacement de masse» qui «fonctionne grâce à l'argent, les véhicules, l'équipement, le renseignement et les forces de sécurité fournis par l'UE et les pays européens».


Certains sont emmenés vers des zones frontalières où ils sont «vendus par les autorités à des trafiquants d'êtres humains et à des gangs qui les torturent contre rançon».


L'UE a conclu des accords avec ces pays, qui prévoient notamment des financements européens pour renforcer leurs capacités à freiner l'immigration vers l'Europe. L'Union européenne a par ailleurs adopté récemment une grande réforme de sa politique d'asile et de migration, afin de durcir les contrôles des arrivées et d'accélérer le renvoi des migrants déboutés du droit d'asile.


Lighthouse Reports indique avoir interviewé plus de 50 migrants, venus de pays d'Afrique subsaharienne ou d'Afrique de l'ouest, victimes de ces agissements en Tunisie, Maroc et Mauritanie, et avoir «identifié le caractère systématique et raciste des pratiques».


Le collectif de journalistes cite deux sources européennes anonymes haut placées reconnaissant qu'il était «impossible» de complètement s'assurer de la façon dont les fonds européens étaient utilisés.


La Commission européenne a reconnu mardi «une situation difficile» après la publication d'une enquête journalistique selon laquelle des dizaines de milliers de migrants ont été arrêtées et abandonnés en plein désert au Maroc, en Tunisie et en Mauritanie, avec le soutien financier de l'UE.


La Commission européenne n'a pas répondu explicitement aux accusations de l'enquête. «Parfois, la situation est difficile dans nos pays partenaires» mais ils «restent des États souverains et contrôlent leurs forces nationales», a commenté une porte-parole, Ana Pisonero. Elle a souligné que l'UE surveillait les programmes pour lesquels elle fournissait des financements, et rappelé l'engagement des pays partenaires à respecter les droits humains.


«Déportés vers la frontière algérienne»:

La Tunisie - pays avec lequel l'UE a conclu un accord portant sur 255 millions d'euros d'aides - a indiqué avoir intercepté de janvier à avril 21.545 migrants tentant de traverser la Méditerranée vers l'Italie à partir de ses côtes. Ce qui représente une hausse de 22,5% par rapport à la même période l'année précédente.


Le président Kais Saied martèle son refus de voir son pays devenir «un pays de transit ou d'installation» des migrants d'autres pays d'Afrique. Début mai, l'ONG Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) a indiqué que plusieurs centaines de migrants originaires d'Afrique subsaharienne avaient été évacuées de force de campements installés à Tunis, puis «déportés vers la frontière algérienne».


En juillet dernier, des journalistes de l'AFP avaient interviewé des migrants à bout de forces, errant dans le désert à la frontière entre la Tunisie et la Libye. Ils y avaient été abandonnés par les forces de sécurité tunisiennes, selon leurs témoignages et ceux de gardes-frontières libyens.


Source: AFP

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