Session extraordinaire du Parlement : vers un tournant militaire ?

Alors qu’ils débattaient des orientations budgétaires des départements ministériels en vue d’adopter le projet de la loi de finances 2027, les députés de l’Assemblée populaire nationale ont reçu, jeudi 22 octobre, un message les convoquant à une session extraordinaire qui se tiendra le dimanche 25 octobre à 10 heurs du matin. Étrangement, aucun ordre du jour n’a été mentionné dans la convocation. Les membres du Conseil de la Nation, Sénat, ont reçu la même convocation pour se réunir dans l’après-midi.
Selon des sources concordantes, les deux réunions seront consacrées à donner un mandat à l’armée afin de pouvoir intervenir dans un terrain extérieur. L’alinéa 2 del’article 91 de la Constitution algérienne indiquant que parmi ses prérogatives, le chef de l’Etat peut décider de « l'envoi des unités de l'Armée Nationale Populaire à l'étranger après approbation à la majorité des deux tiers de chaque chambre du Parlement ».
Tout porte à croire, selon des sources concordantes, que les frappes ciblées contre des intérêts émiratis au Niger ou des groupes prétendument financés par ce pays seront menées dans les prochains jours par l’aviation algérienne qui dispose déjà d’une force à Niamey. Cela est d’autant plus plausible que le ministre nigérien de la Défense, Salifou Maudy, est en visite à Alger pour discuter de la « coopération sécuritaire » entre les deux pays. La veille de cette visite, le président Abdelmadjid Tebboune avait réuni le Haut conseil de sécurité sans que la présidence de la République n’en donne le contenu.
Coïncidence ou pas, le même jour de la convocation des élus de la nation, ce jeudi 22 octobre, le journal arabophone El-Khabar, a publié, en Une, un article intitulé « les Emirats jouent avec le feu », dans lequel on lit entre autres que « la réponse algérienne ne sera plus désormais que diplomatique ». Autrement dit, l’Algérie pourrait recourir à la force armée contre des intérêts de ce pays au Niger où des groupes armés hostiles au pouvoir militaire seraient financés par Aboud Dhabi.
Cela est le prolongement logique des déclarations de Abdelmadjid Tebboune qui indiquait, début octobre, que l’Algérie allait désormais « riposter » pas seulement « avec des mots » à des tentatives de déstabilisation d’un des pays de la région. Un premier signe à cette nouvelle orientation était d’ailleurs venu fin août avec l’envoi à Niamey de quatre avions de chasse Sukhoï 30-S avec tout l’arsenal d’accompagnement pour faire avorter une tentative de faire tomber le pouvoir nigérien. Un geste pris par les autorités algériennes comme un défi à l’Algérie qui venait de recevoir le premier ministre du Niger.
Essaïd Wakli



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