Suspendu, bloqué, relancé : Twala tient tête au système médiatique
- cfda47
- 15 oct.
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Dernière mise à jour : 19 oct.

Signé par Lyas Hallas, le texte publié ce 15 octobre marque à la fois le retour en ligne de Twala après quinze jours de suspension et le cinquième anniversaire du média. Une déclaration de survie plus qu’une célébration, où le co-fondateur réaffirme l’indépendance comme acte de résistance.
Suspendu quinze jours, le média en ligne Twala reprend sa publication ce mercredi 15 octobre 2025, jour de son cinquième anniversaire. L’événement a valeur de manifeste : survivre, pour un média libre, est déjà un acte politique. Depuis 2019, la rédaction affronte blocages, intimidations administratives et pressions judiciaires. Elle continue pourtant de publier, consciente que son existence même constitue une résistance.
Le texte publié par Twala dresse un bilan sans pathos : blocage du site durant soixante-douze heures dès son lancement, gel du registre de commerce pendant deux mois et demi, emprisonnement injuste d’un fondateur durant huit mois. Chaque épisode illustre la précarité structurelle des médias indépendants en Algérie : dépendance à des autorisations administratives, vulnérabilité économique, et isolement professionnel. Mais aussi une obstination : se battre pour le droit d’informer sans tutelle.
La dernière suspension, intervenue alors que les audiences repartaient à la hausse, traduit un schéma désormais familier : l’interruption du travail journalistique au moment même où il commence à toucher un public élargi. Twala revendique pourtant le choix inverse du sensationnalisme. « Mieux informer plutôt que publier davantage », écrit la rédaction, annonçant la réduction du traitement institutionnel au profit d’enquêtes, d’analyses économiques et de sujets citoyens.
Cette inflexion, plus que tactique, marque une ligne éditoriale de survie. Dans un environnement où la publicité institutionnelle est l’arme de la dépendance et où les audiences servent d’alibi au conformisme, Twala tente de préserver un espace critique. Le soutien de ses lecteurs, par abonnements ou consultation d’archives, atteste d’un lien de confiance fragile mais réel.
Cinq ans après sa naissance, Twala reste un laboratoire de presse libre dans un champ médiatique verrouillé. En reprenant la plume, ses journalistes ne célèbrent pas un anniversaire…ils reconquièrent leur droit d’exister.
Sophie K.



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