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Transport ferroviaire : Le secrétaire général du syndicat incarcéré, la grève du 7 juillet suspendue

  • cfda47
  • 7 juil.
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Lounis Saïdi, secrétaire général de la Fédération nationale des travailleurs du transport ferroviaire, a été placé sous mandat de dépôt samedi dernier. Cette mesure judiciaire intervient la veille du déclenchement d'une grève nationale ouverte programmée pour le dimanche 7 juillet 2025.


Le dirigeant syndical avait adressé le 25 juin un préavis officiel au ministre des Transports, annonçant l'intention de la fédération de lancer un mouvement de grève en protestation contre plusieurs violations touchant le secteur ferroviaire. Le document dénonçait notamment “le non-respect des articles constitutionnels 69 et 70”, ainsi que “le contournement des lois encadrant l'action syndicale et la résolution des conflits collectifs.”


Les griefs énumérés par la fédération incluaient l'absence de dialogue avec les partenaires sociaux, les interventions administratives dans les affaires syndicales, le traitement arbitraire des représentants des travailleurs, les irrégularités dans l'organisation des élections des comités paritaires, et la marginalisation des compétences pour des raisons non professionnelles. S'ajoutaient la mauvaise gestion des dossiers de retraite et de recrutement, ainsi que la privation des droits sociaux des employés, notamment l'accès aux camps de vacances d'été.


Malgré cette escalade, la fédération maintenait sa disposition au dialogue, menaçant de porter l'affaire devant le président de la République en cas de persistance du silence officiel.


L'incarcération de Saïdi a immédiatement modifié la donne. Le lendemain, le 6 juillet, le bureau fédéral s'est réuni en session extraordinaire sous la présidence du nouveau secrétaire général, Mohamed Jebrani. Cette réunion a abouti à l'annulation officielle de la grève prévue, le nouveau leadership qualifiant la décision précédente d'illégale.


Le communiqué diffusé après cette réunion affirme que l'appel à la grève violait les dispositions de la loi 90/02 relative aux conflits collectifs et au droit de grève, particulièrement les articles 51 et 52. Cette violation rendrait selon eux la décision de l'ancien secrétaire général caduque et sans effet juridique.


La nouvelle direction a insisté sur la nécessité de respecter les cadres légaux et institutionnels dans l'exercice de l'action syndicale. Elle a appelé tous les travailleurs à s'en tenir à la légalité pour préserver la stabilité du secteur et les intérêts des employés. Mohamed Jebrani a précisé que la porte du dialogue resterait ouverte, tout en réaffirmant le refus de la fédération de tout mouvement en dehors des cadres légaux.


Cette volte-face survenue après l'arrestation du dirigeant initial interroge sur les circonstances et les motivations de ce changement de cap. Le timing de ces événements - arrestation suivie d'annulation - a alimenté les spéculations sur un éventuel lien de cause à effet.


L'arrestation de Saïdi a provoqué des réactions contrastées dans les milieux ouvriers et syndicaux. De nombreux travailleurs ont exprimé sur les réseaux sociaux leur surprise et leur désapprobation face à ce qu'ils considèrent comme une “criminalisation de l'action syndicale”.


Ces réactions traduisent une perception selon laquelle l'arrestation serait directement liée à la posture revendicative adoptée par le dirigeant syndical et à son annonce de grève nationale.

 

Amine B.

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