Trois ans de prison ferme pour le journaliste et poète Abdelali Mezghiche

Le tribunal de Chéraga a condamné dimanche le journaliste et poète Abdelali Mezghiche à trois ans de prison ferme et à 200 000 DA d'amende, a indiqué sa défense. Détenu depuis le 9 février pour des publications sur Facebook, il était poursuivi pour cinq délits. Le parquet avait requis cinq ans.
Le jugement a été rendu ce 8 novembre, date fixée à l'issue du procès du 25 octobre. C'est Me Fatiha Rouibi, qui défend le journaliste avec Me Abdellah Haboul, qui a fait connaître la peine. Abdelali Mezghiche comparaissait devant la section des délits, notamment pour l'exposition de publications de nature à porter atteinte à l'intérêt national et pour l'incitation à un attroupement non armé.
Interpellé à Alger le 5 février, il avait été présenté le 9 au parquet de Chéraga, puis au juge d'instruction, qui l'a placé sous mandat de dépôt à la prison de Koléa. Les poursuites visent des publications sur sa page Facebook, suivie par plus de 130 000 abonnés, où il relayait la colère d'habitants de Djanet après l'incarcération de figures locales, selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Ces publications ne sont plus accessibles en ligne.
Des demandes de libération rejetées
La défense a fait appel de l'ordonnance de placement en détention, et la chambre d'accusation de la cour d'Alger a refusé la liberté provisoire le 22 février. Le Comité pour la justice (CFJ) a estimé que ce maintien en détention revenait à sanctionner d'avance le journaliste. Une autre demande de mise en liberté a été rejetée par ordonnance du 13 mai, selon Me Rouibi.
Le juge d'instruction a renvoyé le dossier devant le tribunal après plus de sept mois de détention. L'audience, d'abord prévue le 18 octobre, a été reportée au 25. Le parquet a alors requis cinq ans de prison ferme et 200 000 DA d'amende. Le prévenu a soutenu n'avoir rien fait d'interdit et avoir publié une information vraie et vérifiée, a rapporté Me Haboul à Maghreb Émergent, et la défense conteste l'ensemble des charges. Les cinq chefs n'ont pas été publiés en totalité. Le CPJ cite la diffusion de discours de haine et de racisme, et Maghreb Émergent faisait état de diffusion de fausses informations lors du procès.
La peine prononcée est inférieure de deux ans aux réquisitions, alors que l'amende de 200 000 DA correspond à celle que demandait le parquet.
Amine B.



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