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Un juge qui s’est estimé lésé, s’est jeté d’un balcon de la résidence des magistrats

  • cfda47
  • 19 sept. 2025
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 23 sept. 2025

Nacer-Chérif Abdelhamid est un procureur de la République exerçant dans le tribunal de Béchar. Au début de l’été, comme c’est le cas chaque année, il a reçu une nouvelle affectation dans le cadre du mouvement annuel des magistrats. Il est donc envoyé à la Cour de Tindouf. Sur place, il trouve que son supérieur n’est autre… que celui contre lequel il avait déjà envoyé une requête au ministère de tutelle et au Syndicat National des Magistrats (SNM) pour se plaindre notamment de ses abus.


Devant une telle situation, il a protesté contre sa nouvelle affectation et demande à être envoyé dans une autre région pour éviter de subir de nouveau les mêmes abus. Devant ce qui est considéré comme « refus de travail », le département du ministre Lotfi Boudjema a convoqué Nacer-Chérif Abdelhamid devant la commission de discipline.


Selon des sources à l’intérieur du SNM, le magistrat est venu, jeudi 18 septembre à Alger pour comparaître devant la commission de discipline dimanche 21 septembre. Accompagné de sa famille, il s’est installé dans une chambre de la résidence des juges, à Benaknoun, en face de la Cour Suprême.


Après les repérages habituels, il a décidé de demander le dossier qui lui était préparé. Il lit avec attention. A la fin de la lecture, il se dirige vers le balcon de sa chambre et se précipite dans le vide. Il est mort. Pour l’heure, aucune réaction officielle n’est enregistrée.


Evidemment que seule une enquête sérieuse peut déterminer les raisons qui avaient poussé ce magistrat à mettre fin à sa vie. Recourir à un tel geste de désespoir, en présence de sa famille, est souvent un dernier recours devant les portes fermées. Pire; c’est une preuve accablante que même les juges, censés dire la justice, ne font pas confiance à leur institution. Alors que dire des citoyens, des justiciables lambda !


Ce geste, désespéré, n’est pas un cas unique dans les annales de la justice algérienne. Beaucoup de magistrats souffrent en silence, quittent parfois le corps magistral ou changent carrément de métier. C’est le cas de Sadedine Merzoug, un jeune magistrat issu de la wilaya de M’sila. Après des mois de lutte contre ses collègues du SNM qui persistaient à le mettre à la porte, il a fini par démissionner et quitter le pays. Il vit aujourd’hui en France.


Fatma-Zohra Smaïli est un autre exemple. Cette dame de fer, qui travaillait au tribunal de Koléa (Tipaza) a refusé de rendre des jugements de complaisance et a dénoncé les violations de la réglementation par l’ancien président du SNM, Issad Mabrouk. Elle a été alors dégradée, marginalisée et parfois sanctionnée jusqu’à se retrouver avec un petit salaire. Depuis, elle a quitté le corps magistral.


La liste des juges qui ont souffert dans leur fonction est longue, comme l’est celle des violations de la loi, l’œuvre de ceux qui sont censés protéger les citoyens en appliquant le droit.


Essaïd Wakli 

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