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Un verdict qui brise une vie de combat : la condamnation de Said Bissaha choque la communauté militante

  • il y a 8 minutes
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Hier soir, au tribunal criminel d’appel de la cour de Tizi Ouzou, l’atmosphère était lourde, presque suffocante. À la sortie, les visages étaient fermés, les mots rares. Parmi ceux qui ont quitté le palais de justice le cœur brisé, Me Hakim Saheb et Me Alili Yamina, avocats et proches de Said Bissaha, 74 ans, militant historique du RCD et figure respectée de Bouzeguene.


Toute une vie de militantisme s’est retrouvée résumée en quelques minutes de verdict. Said Bissaha a consacré son existence au combat politique, à la défense des libertés, à la résistance contre l’obscurantisme. Durant la Décennie noire, alors que le silence était souvent la seule manière de survivre, lui a choisi de faire face. Il s’est opposé à l’islamisme terroriste, a défendu les droits humains et les libertés individuelles, sans jamais céder à la peur ni à la résignation.


Hier, cet homme d’honneur a été condamné à dix ans de prison ferme. Une peine qui, à son âge, dépasse la sanction judiciaire pour devenir une sentence existentielle. Devant le juge, il a prononcé une phrase qui a glacé la salle : « À mon âge, cette peine n’est pas limitée. C’est une perpétuité déguisée. » Une déclaration qui résonne comme un constat amer, presque cruel, sur le sort réservé à ceux qui ont tout sacrifié pour la liberté du pays.


Voir un militant de cette trempe, un homme qui a risqué sa vie pour défendre la démocratie, finir ses vieux jours derrière les barreaux, soulève une profonde interrogation. Le paradoxe est brutal : ceux qui ont combattu pour que la société respire librement se retrouvent enfermés au crépuscule de leur vie.


Pour ses avocats, pour ses proches, pour ceux qui ont partagé ses combats, la condamnation de Said Bissaha dépasse son cas personnel. Elle touche à l’essence même de l’engagement politique en Algérie. Elle interroge la place accordée aux voix libres, aux militants qui refusent de renoncer, aux hommes et femmes qui ont porté la démocratie à bout de bras.


Le parcours de Said Bissaha est une leçon de courage qui ne s’effacera pas, quel que soit le verdict. Son incarcération est perçue comme une injustice qui concerne bien au-delà de son cercle militant. « Nous sommes à ses côtés, plus que jamais », affirment Me Saheb et Me Alili, déterminés à poursuivre le combat.



Dans les villages de Kabylie, à Bouzeguene comme à Tizi Ouzou, son nom reste associé à la résistance, à la dignité, à la liberté. Sa condamnation rappelle une vérité essentielle : la liberté des militants est le baromètre de la liberté d’un pays. Et tant que des voix comme la sienne seront réduites au silence, la lutte pour les droits et les libertés restera inachevée.


Nadia B



 
 
 
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