Une campagne sous surveillance face à une rue indifférente et à une presse étrangère sceptique
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À l’approche des législatives, les partis politiques multiplient les déplacements, les réunions publiques et les opérations de proximité pour tenter de mobiliser un électorat qui demeure largement indifférent. La campagne, placée sous une surveillance étroite des autorités, peine à susciter un véritable engouement, malgré les efforts visibles des formations en lice pour occuper le terrain. Dans plusieurs wilayas, les meetings se déroulent devant des publics clairsemés, tandis que les candidats redoublent d’initiatives pour attirer les habitants, parfois au moyen d’animations ou de distributions promotionnelles. Mais ces stratégies semblent avoir du mal à inverser une tendance lourde : la distance croissante entre la population et le processus électoral.
Dans la rue, le scepticisme domine. Beaucoup d’Algériens interrogés expriment une lassitude profonde face à des scrutins successifs perçus comme dépourvus d’enjeu réel. Les discussions informelles, qu’elles aient lieu dans les cafés, les transports ou sur les réseaux sociaux, traduisent une même impression d’immobilisme politique. « Rien ne changera », répètent de nombreux citoyens, estimant que les résultats sont largement prévisibles et que les institutions chargées d’organiser le vote manquent de crédibilité. La faible visibilité de la campagne dans l’espace public, en dehors des affiches officielles, renforce ce sentiment d’un scrutin qui se déroule à distance de la société.
Cette perception contraste fortement avec le récit institutionnel, mais elle rejoint en revanche les analyses publiées par plusieurs médias étrangers. La presse internationale, plus libre dans son ton, décrit une campagne « sans véritable compétition » et un climat politique « verrouillé » depuis la fin du Hirak. Reuters souligne la faible confiance populaire et l’absence d’opposition structurée, tandis que l’AFP évoque une mobilisation limitée et une campagne encadrée de près par les autorités. Le Monde parle d’un scrutin « sans enjeu politique majeur », organisé dans un paysage où les marges de contestation se sont considérablement réduites. Al Jazeera et Middle East Eye insistent, de leur côté, sur le désengagement citoyen et sur la réduction de l’espace public, marquée par des arrestations de militants et un contrôle accru des activités politiques.
Entre le discours officiel, qui met en avant la participation des jeunes et la dynamique des partis, et la perception de la rue, qui oscille entre indifférence et résignation, le fossé apparaît plus visible que jamais. La presse étrangère, en soulignant cette fracture, offre un miroir moins flatteur mais plus analytique de la situation. À quelques semaines du scrutin, la question centrale demeure : la campagne parviendra‑t‑elle à réactiver un intérêt citoyen affaibli, ou s’inscrira‑t‑elle dans la continuité d’un processus électoral marqué par une participation en recul et une confiance érodée.
Nadia B



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