Özmert Algérie : cinq jours de colère ouvrière après la dissolution du syndicat et les menaces du directeur
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L’usine Özmert Algérie, implantée dans la wilaya d’Aïn Témouchent et spécialisée dans la transformation du fer et de l’acier, est secouée depuis cinq jours par un mouvement de protestation inédit. Les travailleurs dénoncent la dissolution du syndicat interne, le licenciement de son représentant et une série de menaces graves attribuées au directeur de l’entreprise, de nationalité turque. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, ce dernier aurait menacé de « brûler l’usine » et de « disperser les travailleurs », des propos qui ont immédiatement déclenché une mobilisation continue devant le site industriel.
Les protestataires affirment que la direction a procédé à la dissolution unilatérale du syndicat, en violation des procédures légales, avant de licencier le délégué syndical qui avait tenté d’ouvrir un dialogue sur les conditions de travail. Depuis, les ouvriers se relaient jour et nuit devant les grilles de l’usine, exigeant la réintégration du représentant syndical, l’ouverture d’une enquête administrative et l’intervention des autorités locales et nationales. Plusieurs vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des travailleurs rassemblés, scandant des slogans contre ce qu’ils qualifient de « dérives autoritaires » de la direction.
Contactée par la presse, l’entreprise Özmert n’a pour l’heure publié aucun communiqué officiel pour confirmer ou démentir les accusations. Les autorités locales, elles, se limitent à indiquer qu’un rapport a été transmis à la wilaya, sans préciser si une enquête formelle a été ouverte. Le silence institutionnel contribue à alimenter la colère des travailleurs, qui dénoncent une tentative de briser l’organisation syndicale au sein d’une entreprise étrangère opérant dans un secteur stratégique.
Ce conflit survient dans un contexte national marqué par une tension croissante autour de la liberté syndicale. Plusieurs organisations ont récemment dénoncé des entraves, des dissolutions administratives et des pressions exercées sur les représentants du personnel dans différents secteurs. L’affaire Özmert, par son caractère explosif et les menaces rapportées, cristallise ces inquiétudes et relance le débat sur la protection des travailleurs face aux abus de pouvoir en milieu industriel.
Les protestataires affirment qu’ils poursuivront leur mouvement jusqu’à l’ouverture d’un dialogue officiel. Ils appellent le président Abdelmadjid Tebboune à intervenir pour « mettre fin à l’impunité » et garantir le respect du droit syndical. En attendant, l’usine fonctionne au ralenti, sous la surveillance de groupes de travailleurs déterminés à maintenir la pression. L’affaire pourrait rapidement prendre une dimension nationale si les autorités ne tranchent pas sur les accusations visant la direction de l’entreprise turque.
Nadia B