Depuis sa cellule, Choguel Maïga appelle au rapprochement entre Bamako et Alger
- cfda47
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L’ancien Premier ministre malien, Choguel Kokalla Maïga, aujourd’hui incarcéré à la prison de haute sécurité de Koulikoro, a créé la surprise en adressant une lettre au président algérien Abdelmadjid Tebboune. Le document, rendu public mi-janvier 2026 par plusieurs médias internationaux, dont RFI, marque un tournant inattendu dans un contexte de tensions persistantes entre les deux pays.
L’envoi d’une lettre par l’ancien Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga au président algérien Abdelmadjid Tebboune, depuis sa cellule de Koulikoro, a ravivé le débat sur l’état des relations entre Bamako et Alger. Rendu public mi‑janvier 2026, ce message au ton inhabituellement conciliant intervient dans un contexte de fortes tensions diplomatiques, marqué par des désaccords persistants sur l’Accord d’Alger, des accusations d’ingérence et l’isolement croissant du Mali sur la scène régionale. Ce geste, à la fois symbolique et politique, suscite des réactions contrastées et relance les interrogations sur l’avenir du dialogue entre les deux pays.
Un message conciliant venu d’un homme affaibli mais influent
Dans sa lettre, Choguel Maïga adopte un ton inhabituellement apaisé. Il y évoque « l’histoire commune » et « les liens fraternels » entre les peuples malien et algérien, tout en appelant à « restaurer la confiance » entre les deux capitales.
Selon RFI, qui a révélé l’existence du courrier, Maïga s’adresse à Tebboune comme à un « aîné », lui demandant d’user de son influence pour « ouvrir une nouvelle page » dans les relations bilatérales.
Cette démarche tranche avec les positions qu’il défendait lorsqu’il était encore à la tête du gouvernement malien, période durant laquelle il accusait régulièrement Alger d’ingérence dans les affaires du Mali, notamment dans la gestion du dossier du Nord et du processus de paix.
Un contexte diplomatique très tendu
Les relations entre Bamako et Alger se sont fortement dégradées depuis 2023. Plusieurs facteurs expliquent ce refroidissement.
Désaccords sur l’Accord d’Alger (2015), que la junte malienne considère comme obsolète, tandis que l’Algérie continue de le défendre comme cadre de référence.
Accusations maliennes affirmant que l’Algérie soutiendrait certains groupes armés du Nord — accusations rejetées par Alger.
Isolement diplomatique du Mali, accentué par son retrait de la CEDEAO et son rapprochement avec d’autres partenaires, notamment la Russie.
Dans ce climat, la lettre de Maïga apparaît comme un geste politique fort, même si son influence réelle reste limitée depuis son arrestation en août 2025 pour « atteinte aux biens publics » et « faux et usage de faux ».
Réactions contrastées à Bamako et Alger
La publication du courrier a suscité des réactions variées. Au Mali, certains observateurs y voient une tentative de repositionnement politique de Maïga, qui chercherait à redevenir un acteur incontournable malgré sa détention. D’autres estiment qu’il s’agit d’un appel sincère à la désescalade.
En Algérie, les autorités n’ont pas officiellement réagi, mais plusieurs analystes algériens soulignent que ce geste pourrait être utilisé comme levier diplomatique, sans pour autant modifier immédiatement la ligne d’Alger.
Un geste symbolique, mais un avenir incertain
Si la lettre de Choguel Maïga ne suffira pas à elle seule à rétablir la confiance entre les deux pays, elle intervient à un moment où Bamako semble chercher de nouveaux équilibres diplomatiques.
Reste à savoir si Alger saisira cette main tendue ou si les tensions structurelles continueront de dominer la relation.
Nadia B